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Violences dans une rivière au sud du Mexique: la police refoule des centaines de migrants qui rêvent des Etats-Unis

Des centaines de migrants centro-américains empêchés de pénétrer au Mexique

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21 janv. 2020 à 10:57Temps de lecture2 min
Par E.D. avec agences

La rivière Suchiate. Une frontière naturelle qui sépare le Mexique et le Guatemala à partir de la côte Pacifique. C’est une des "portes d’entrée" vers le Mexique pour ceux qui rêvent de rejoindre ensuite les Etats-Unis. D’habitude, ils tentent la traversée par petits groupes, sur des radeaux de fortune. Mais cette fois, le niveau de l’eau était bas au point de permettre la traversée à pied.

Des centaines de migrants centro-américains tentent de pénétrer au Mexique depuis le Guatemala

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Des centaines de migrants ont tenté leur chance

"S’ils ne nous laissent pas entrer normalement, nous allons passer par la rivière expliquait un ressortissant hondurien quelques minutes avant la traversée. Ensuite des centaines de migrants, venus pour l’essentiel du Honduras, ont tenté leur chance en se précipitant tous ensemble dans la rivière. Les images de ces grappes de personnes, dont beaucoup portaient leurs enfants dans les bras, fuyant devant les forces de la Garde nationale mexicaine qui tentaient de les repousser, on fait le tour du monde. Des violences ont éclaté. La police mexicaine a lancé des gaz lacrymogènes. Certains ont riposté en lançant des pierres.

Le Mexique refoule des centaines de migrants venus d’Amérique centrale
Le Mexique refoule des centaines de migrants venus d’Amérique centrale © JOHAN ORDONEZ

Beaucoup ont fait demi-tour, d’autres ont été arrêtés

Selon un journaliste de l’AFP présent sur place, face à l’action des forces de l’ordre, beaucoup ont finalement décidé de rebrousser chemin et de retourner vers le Guatemala. Environ 200 personnes, qui avaient réussi à franchir la frontière et tentaient de gagner à pied la ville mexicaine de Tapachula, ont été interceptées par la Garde nationale.

Des centaines de migrants centro-américains empêchés de pénétrer au Mexique

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Une demande restée sans réponse

Toutes ces personnes étaient arrivées il y a 24 heures à Tecun Uman, la ville frontière au sud-ouest du Guatemala. Elles avaient demandé aux autorités mexicaines l’autorisation de traverser mais leur demande est restée jusque-là sans réponse. Ces personnes espèrent encore rejoindre les Etats-Unis. Selon elles, la situation économique et sécuritaire s’est détériorée au Guatemala, ce qui les a poussés sur la route l’exil.

Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, le 10 janvier 2020.
Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, le 10 janvier 2020. © HERIKA MARTINEZ

Des promesses d’emplois face à la crainte d’être expulsés

Samedi, les autorités mexicaines avaient demandé aux migrants de faire preuve d'"ordre et de respect" en assurant que des opportunités d’emplois existaient au Mexique pour ceux qui allaient respecter les procédures légales. Le président mexicain, Andrés Manuel Lopez Obrador, a même communiqué la semaine dernière sa volonté d’offrir 4.000 emplois aux migrants venus d’Amérique centrale. "Environ 3.000 (migrants) arrivent en caravane du Honduras, du Salvador […] Nous avons plus de 4.000 emplois à notre frontière sud […] Il y a du travail dans notre pays", avait-il déclaré lors d’une conférence de presse. Certains migrants ne croient pas à cette promesse. "Pour moi, c’est un mensonge" explique Darlin Oliva, un Hondurien de 33 ans, persuadé que cette annonce est une manœuvre pour le pousser à s’enregistrer auprès des autorités mexicaines qui seront ensuite susceptibles de l’expulser.

Des grappes des personnes fuyant devant les forces de la Garde nationale mexicaine qui tentent de les repousser.

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Le Mexique a changé de politique en 2019

Depuis 2019, le Mexique a déployé à ses frontières plusieurs milliers d’hommes de la Garde nationale afin de contenir la vague de migrants cherchant à atteindre les Etats-Unis, une mesure qui est critiquée par les organisations de protection des droits de l’homme. Dans son rapport annuel mondial, l’organisation Human Rights Watch (HRW) a accusé mardi le Mexique de violer les droits des migrants qui traversent son territoire, fuyant la violence et la pauvreté, dans l’espoir d’une vie meilleure aux Etats-Unis. Au mois de juin, le Mexique et les Etats-Unis avaient conclu un accord sur l’immigration après d’âpres discussions. Le Mexique s’était alors engagé à prendre "des mesures fortes" pour réduire l’afflux de migrants en provenance d’Amérique centrale.

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