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Violences faites aux femmes: aux médias de faire mieux

Violences faites aux femmes: aux médias de faire mieux
07 mars 2020 à 17:54Temps de lecture2 min
Par Avec Belga

A l'avant-veille de la Journée internationale des droits des femmes, l'association des journalistes professionnels (AJP) et la Fédération Wallonie-Bruxelles ont tenu vendredi une journée de réflexion sur le thème du traitement médiatique de ce fait de société et ont, dans la foulée, présenté une dizaine de recommandations à l'intention des journalistes.

Dans la foulée de l'affaire Weinstein, ce producteur américain condamné pour agression sexuelle et viol, et du mouvement #metoo, et au vu de données fournies par de récentes études indiquant l'urgence d'agir dans le domaine des violences contre les femmes, l'AJP a actualisé les recommandations publiées en 2018, ajoutant certains éléments et précisant plus finement d'autres.

Ne pas attendre un féminicide

Ainsi, l'association professionnelle insiste sur l'importance de parler suffisamment de ce type de violence dans la presse, sans attendre un cas de féminicide. Il faut aussi, selon l'AJP, en parler comme un problème de société grave et une violation des droits humains, veiller scrupuleusement au choix des mots et des images (certains blessent ou banalisent, parler de crime passionnel ou de chagrin d'amour n'est pas indiqué) et éviter une seconde victimisation (en plus du crime, subir un traitement journalistique offensant).

Assurer la sécurité des victimes et des témoins (respecter le désir d'anonymat) est indispensable et donner la paroles à des expert.e.s apporte une analyse appropriée.

L'AJP souligne qu'il faut s'appuyer avec distance critique sur les sondages et statistiques. Autre conseil : présenter les victimes comme des personnes résilientes et, au besoin, parler de "survivants". Enfin, il est utile de rappeler chaque fois que possible les numéros d'urgence (112) ou de SOS Viol (0800/98100) et en cas de violences conjugales (0800/30030). 

Du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles, on est désireux de soutenir les initiatives allant dans ce sens sans toutefois tomber dans l'ingérence. "Je voudrais soutenir la création d'outils concrets au sein des rédactions, ainsi que la formation à cette problématique dans les rédactions et les écoles de journalisme", a assuré Bénédicte Linard, ministre des Médias et des Droits des Femmes en FWB. "Je m'y engage, je vais lancer un appel à projets".

Voici les dix recommandations

  • En parler
  • Traiter les violences contre les femmes non pas sous forme de " faits divers " isolés, comme des affaires intrafamiliales ou privées, mais bien comme un grave problème de société et une violation des droits humains
  • Veiller au choix des mots et des images
  • Eviter la victimisation secondaire
  • Assurer la sécurité des victimes et des témoins
  • Bannir tout sensationnalisme et respecter les droits et la dignité des victimes et de leur entourage
  • Donner la parole à des expert.e.s
  • Analyser les sondages et les statistiques avec prudence
  • Présenter les victimes comme des personnes résilientes
  • Pratiquer un journalisme de service et de solution

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