Regions

Violences faites aux femmes : "Trop de victimes se font encore remballer, au commissariat"

Le ruban blanc contre les violences faites aux femmes porté par l’inspecteur Elise Moity.

© Charlotte Legrand

Voilà ce que dénoncent certaines associations, en cette journée du 25 novembre, dédie au refus des violences faites aux femmes. Dans les zones de police, la situation évolue, des expériences pilotes existent. Mais elles doivent être encouragées.
Il est très difficile de savoir combien de victimes elles font en Belgique. Car une femme sur 10, seulement, oserait aller jusqu’au dépôt de plainte.
Quels sont les freins ? Qu’est-ce qui est prévu dans les commissariats pour accueillir une femme qui se dit victime de violences ? Nous avons tenté d’en savoir plus.

Le sujet est "touchy" nous annonce d’emblée Cindy Renski. Elle préside "De maux à mots", un collectif de lutte contre les violences faites aux femmes. Pour elle, l’accueil des victimes s’améliore. Des expériences pilote voient le jour. Mais de mauvais retours continuent de lui parvenir : "S’entendre dire, lors d’un dépôt de plainte, "Mais madame, il fallait partir avant ! Vous êtes déjà venue. Si vous restez, c’est que vous êtes d’accord avec cette situation.", ça ne doit plus exister de nos jours !", regrette la responsable de "De maux à mots".

A la police boraine, l’inspecteur principal Elise Moity est LA personne référente pour les Violences intra familiales. C’est elle qui rappelle à ses collègues les balises, c’est elle qui encourage les bonnes pratiques. Exemple : ne "remballer" personne. Prendre une plainte, même à 2 heures du matin. Et même si la victime n’habite pas la zone boraine. "Certaines personnes se déracinent complètement. Elles doivent fuir leur agresseur, elles n’ont pas toujours trouvé une place à proximité de là où elles vivent. On a parfois eu des gens venant des Ardennes".

L’association de Cindy Renski rêve d’un accueil des victimes plus adéquat. Des référents violences conjugales, qui se relaieraient pour pouvoir prendre les plaintes des victimes. Dans la pratique, pour sa zone, c’est impossible, estime Elise Moity : "Infaisable car ça nous demanderait beaucoup trop de personnel. On peut très bien avoir un jour avec zéro plainte et trois le lendemain, ce serait vraiment trop compliqué à gérer."

Chaque zone de police est en revanche tenue d’avoir un "service d’assistance policière aux victimes" (SAPV). Il s’agit de psychologues, d’assistants sociaux, spécialisés dans les violences conjugales. Leur aide est gratuite et trop peu connue actuellement.

Sur le même sujet au JT du 25-11-22 :

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous