Violences policières sur migrants: 30% des victimes sont des mineurs

Selon Médecins du Monde, 27 % de mineurs d'âge ont subi des violences policières

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24 oct. 2018 à 04:00Temps de lecture2 min
Par M.C.

Des mineurs victimes de violence policière. C’est le constat posé par Médecins du Monde. Dans une enquête, l’ONG révèle que 27% des migrants ayant subi des violences policières sont mineurs d’âge.

Nous vous le révélions il y a un mois. Selon un rapport de Médecins du Monde, un migrant sur quatre est victime de violences policières. Parmi eux, 27% sont mineurs.

"On a quatorze mineurs qui ont subi des violences. Sept ont reçu des coups physiques. Sept ont reçu des privations de nourriture et d’eau pendant les nombreuses heures où ils ont été interrogés dans les commissariats. On a aussi des humiliations lors des fouilles à nu", affirme Pierre Verberen, directeur de Médecins du Monde.

Extrait tiré du rapport : « Violence policières envers les migrants et les réfugiés en transit en Belgique » de Médecins du Monde.
Extrait tiré du rapport : « Violence policières envers les migrants et les réfugiés en transit en Belgique » de Médecins du Monde. © Tous droits réservés

Un constat qui n’étonne cependant pas Bernard Devos, le délégué général aux droits de l’enfant. "On sait qu’il y a toute une série de problème avec des mineurs qui sont en situation de fragilité et qui ne vont pas porter plainte. Ce sont des chiffres gris que personne ne veut voir et qu’il faut voir car c’est un vrai problème."

Selon Médecins du Monde, les cas de violences enregistrées chez les mineurs d’âge sont de même nature que ceux subis par des migrants adultes. Un non-sens pour Pierre Verberen : "C’est un fait surprenant et assez inquiétant qu’il n’y ait aucune différenciation (…) Cela signifie que la police ne fait pas la distinction alors qu’un mineur doit par nature être protégé".

Racket et vols de médicaments

A côté des violences physiques, l’ONG a constaté des cas de racket sur migrants. Des vols qui dans certains cas concernent des médicaments. Pour Louisa Abdelhafidh, les conséquences pour les migrants qui nécessitent un traitement peuvent être lourdes.

"Le cas dont je me souviens le mieux concernait une jeune fille qui devait subir une IVG (Interruption Volontaire de Grossesse). Avant de subir son IVG, elle devait prendre un médicament. Ils lui ont confisqué ce médicament ce qui a retardé et compliqué la prise en charge de son IVG."

Il faut une réaction politique, judiciaire et de gestion 

Au total, l’ONG a interrogé 440 migrants dont 110 ont fait état de violences policières. Et parmi eux, 27% des mineurs. Sans vouloir "tirer sur l’ambulance", Médecins du Monde estime que le nombre de cas fait état d’un véritable problème structurel au sein de la police.

"Il faut que la commission de l’intérieur qui surveille les polices se saisisse de ce rapport. Il faut aussi une suite de management. Ca signifie que les commissaires de police, qui sont désireux de supprimer cette violence, fassent en sorte que leur personnel soit formé. Enfin, il faut une suite judiciaire. C’est-à-dire qu’un procureur se saisisse de l’affaire et investigue sur la question."

De son côté, Jan Jambon, le ministre de l’Intérieur renvoie vers le Comité P, la police des polices en charge de traiter les cas de violences policières. Le Comité P qui renvoie lui-même au parquet. Le parquet de Bruxelles indique, lui, qu’une dizaine de dossiers ont été ouverts en 2017.
 

Consulter le rapport intégral de Médecins du Monde

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Reportage dans notre JT 13 heures de ce mercredi 24 octobre:

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