Belgique

Violeur de la Sambre : 20 ans de prison pour Dino Scala avec période de sûreté des deux tiers

01 juil. 2022 à 13:44 - mise à jour 01 juil. 2022 à 15:40Temps de lecture3 min
Par Patrick Michalle avec Martin Caulier

Dino Scala, qualifié de "violeur de la Sambre" suite à une série de viols et d’agressions sexuelles entre 1988 et 2018, a été condamné à 20 ans de prison par la cour d'assises du Nord (France). Le parquet avait requis contre lui la peine maximale, soit 20 ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté couvrant les deux tiers de la peine. Dino Scala s'est également vu interdire le séjour sur le territoire du Nord de la France. Un suivi psychologique sera assuré. Il devra par ailleurs se soumettre à un traitement thérapeutique adapté à son profil et procédé à l'indemnisation de ses victimes. 

Agé de 61 ans, Dino Scala a été reconnu coupable de dix-sept viols, douze tentatives de viol et vingt-sept agressions ou tentatives d’agression sexuelle, ces faits ayant été commis à proximité du lieu où il réside, autour de la Sambre pas loin de la frontière franco-belge. Deux faits dont un qualifié de viol n'ont pas été retenus par la cour d'assises. il reste néanmoins de nombreux faits contestés par l'accusé pour lesquels il a été condamné, ce qui laisse supposer un possible appel selon son avocate Me Margaux Mathieu "il y avait un seul fait de viol pour lequel mon client souhaitait être acquitté, il l'a été pour ce viol mais il reste encore quatorze faits d'agression sexuelle pour lesquels monsieur Scala maintient qu'il n'est pas l'auteur de ces agressions".

Soulagement du coté des victimes

Du coté des victimes qui ont eu le courage d'assister au procès, c'est le soulagement puisque la cour d'assises a suivi entièrement les réquisitions du ministère public. Pour Me Michael Donatangelo, avocate d'une très jeune victime au moment des faits, la cour a prononcé la peine maximum dans ce type de dossier : "le maximum ici c'était 20 ans, et les deux tiers incompressibles, c'est ce qui était demandé, la cour a fait droit à toutes les demandes qui ont été énoncées par la défense des parties civiles et par l'accusation". 
Relevons que le droit français permet d'assortir l'arrêt sur la peine d'une série de conditions en termes de suivi psychiatrique, de présence sur une portion de territoire ou d'indemnisation des victimes, ce qui est un motif supplémentaire de satisfaction pour les victimes et de garantie pour la sécurité publique. L'accusé a manifesté des regrets au cours du procès et son avocat affirme qu'il a dès son arrestation en 2018 accepté d'engager un suivi thérapeutique auquel il entend se soumettre tout au long de son incarcération. 

Une personnalité au double visage

Lors de la dernière audience avant que le jury parte en délibération, Dino Scala a présenté ses excuses aux victimes. Sous l’apparence d’un homme bien inséré dans son tissu social, marié, père de famille, entraîneur de football, l’accusé dissimulait une personnalité perverse.

Celui qui a reconnu 40 des 56 faits qui lui sont imputés procédait souvent de la même manière, agressant ses victimes sournoisement par l’arrière généralement sur la voie publique, les traînant à l’écart, se servant souvent d’un couteau pour les menacer.

L’âge où les caractéristiques physiques de ses victimes n’avaient pas de réelle importance, l’accusé étant motivé avant tout par une rage de dominer et le plaisir pris par la terreur qu’il suscitait au moment du passage à l’acte.

Les experts psychiatres et les psychologues qui l’ont examiné évoquent un homme paradoxalement peu porté sur le sexe mais pétri de frustrations dans tous les domaines de sa vie privée et professionnelle. 

Impunité durant 30 ans

Si l’accusé a pu passer au travers des mailles du filet durant des décennies, c’est en raison de sa personnalité qu’un expert psychiatre a caractérisée par "l’abîme qui sépare la face sociale et la face cachée". Il a pu en faisant preuve de sang froid et d’une parfaite maîtrise de son modus operandi s’assurer une impunité tout au long de ces trente ans de période criminelle.

26 février 2018, la fin d'une longue série de viols

Nous sommes le 5 février 2018 à Erquelinnes. Il est 6 heures du matin, une jeune fille de 17 ans sort de chez elle pour se rendre à la gare des bus. Elle échappera de peu à Dino Scala. Mais pour lui cette 8eme agression du même genre depuis 2004 sur le territoire d'Erquelinnes sera fatale. Car le parking où se situe l'agression est équipé de caméras. Elles ont filmé un véhicule muni d'une plaque française et en remontant vers son propriétaire, la police locale découvre qu'elle a identifié un homme recherché en France pour des dizaines de viols.

Trois semaines plus tard, le 26 février, Dino Scala est arrêté à proximité de son domicile à Pont de Sambre, petit village situé à 25 km de la frontière belge. Dans sa voiture, les enquêteurs trouvent une corde, des gants et un couteau…

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