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"Virginia Woolf, écrire dans la guerre" : un podcast avec Valérie Bauchau et Pascale Seys

Virginia Woolf, écrire dans la guerre

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13 juil. 2022 à 07:27 - mise à jour 18 juil. 2022 à 07:56Temps de lecture2 min
Par Carine Bratzlavsky

L’écriture était tout pour elle. Bourgeoise, elle était en lutte contre les préjugés de son milieu ; féministe et pacifiste, elle était convaincue qu’il fallait éduquer les mères pour que celles-ci éduquent leurs filles à éduquer leurs fils à résister à leur instinct de domination et de destruction. Virginia Woolf, pour tout dire, pour vivre, avait allumé les feux d’une guerre avec les mots, d’une guerre contre sa maladie mentale, d’une guerre contre la guerre.

Virginia Woolf a 32 ans lorsqu’éclate la première guerre mondiale, à l’été 1914. Elle a 59 ans en 1941. Entre ces deux dates, entre ces deux actes, la guerre s’invite dans sa correspondance, dans son Journal et dans un essai plein de colère, imaginé en 1932 et publié en 1938, sous le titre Trois Guinées. A la question : "Comment faire pour empêcher la guerre ?", Virginia Woolf répond aux hommes :

Si bien des instincts sont communs aux hommes et aux femmes, l’instinct du combat a toujours été l’apanage des hommes et non pas des femmes. La loi, la pratique, ont encouragé cette différence, qu’elle soit innée ou accidentelle. Il est rare, au cours de l’Histoire qu’un homme soit tombé sous les balles d’un fusil tenu par une femme ; la vaste majorité des oiseaux, des animaux tués, l’ont été par vous et non par nous […].

 

Aujourd’hui, une puissance de feu embrase un coin d’Europe et la guerre recommence, aujourd’hui comme hier, qui viole les femmes, vole des vies et questionne l’avenir. Risquons cette hypothèse : et si la négation de la parole des femmes, avait plongé Virginia Woolf dans la nécessité de la prendre, de s’en saisir et d’écrire, de "décrire" inlassablement, au prix d’un renversement : celui de la folie ?

Le dimanche 23 mars 1941, la guerre fait rage en Europe et Virginia Woolf livre son ultime combat. Elle écrit à sa sœur :

Ma chérie, je sens cette fois que je suis allée trop loin pour faire marche arrière. Je suis certaine de redevenir folle. C’est exactement comme la première fois, je ne cesse d’entendre des voix et je sais que cette fois-ci, je ne le surmonterai pas. Je me suis battue mais je n’y arrive plus.

La publication prochaine de la "Correspondance entre Virginia Woolf et sa sœur Vanessa Bell" aux Editions de la Table Ronde, traduite par Carine Bratzlavsky et Anne-Marie di Biasio, couplée à l’anniversaire de l’auteure, née en 1882, sont prétextes à une lecture publique de textes de Virginia Woolf par Valérie Bauchau, dans une création de et avec Pascale Seys et mise en ondes pour Musiq’3 par Valentine Gourdange.

Informations pratiques

Virginia Woolf, écrire dans la guerre

Un podcast proposé par Musiq3

avec Valérie Bauchau et Pascale Seys

Sur une idée de Pascale Seys et Carine Bratzlavsky

Au Jardin du Théâtre des Doms

Le 13 juillet 2022 à 16h (durée 1h)

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