Vivaldi : premières salves entre majorité et opposition au parlement, la N-VA a du mal à avaler la pilule

Premières salves entre majorité et opposition au parlement, la N-VA a du mal à avaler la pilule

© DIRK WAEM - BELGA

02 oct. 2020 à 16:04 - mise à jour 02 oct. 2020 à 16:04Temps de lecture3 min
Par Belga

Le débat sur la déclaration du gouvernement De Croo devant le parlement a donné lieu vendredi aux premières passes d'armes entre majorité et opposition, et imprimé sans doute le ton du reste de la législature.


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Sans surprise, la N-VA a dit tout le mal qu'elle pensait de l'accord de la coalition Vivaldi... une dénomination qu'elle se refuse d'ailleurs à utiliser car, à ses yeux, il s'agit d'une majorité "rouge-verte" dont le bleu libéral et l'orange démocrate-chrétien seraient absents.

Multiples interruptions par les députés N-VA

Les députés de la N-VA ont multiplié les interruptions des orateurs des partis de la Vivaldi alors que le Vlaams Belang, l'autre grand parti de l'opposition flamande, se montre plus discret.

Pour leur chef de groupe du parti nationaliste, Peter De Roover, la coalition à travers un accord rempli de "flou artistique" laisse de côté la majorité des "Flamands qui travaillent et épargnent" et financeront les politiques qui seront menées.

Les libéraux flamands ont été particulièrement ciblés, non seulement parce qu'ils reçoivent le poste de Premier ministre alors qu'ils sont le septième parti du parlement mais aussi pour certaines ambiguïtés de l'accord de gouvernement, en particulier sur le prélèvement de nouveaux impôts.

Quant au volet institutionnel, il ne trouve pas davantage grâce à ses yeux. "Vous choisissez de faire vivre un modèle épuisé", a lancé M. De Roover.

Une Vivaldi qui tangue entre compromis et renoncements

La Vivaldi rassemble pas moins de sept partis et repose donc sur des compromis, et des renoncements. Les socialistes n'ont pas obtenu le retour de l'âge légal de la retraite à 65 ans. Le PTB n'a pas manqué de le leur rappeler.

Le PS n'a pas voulu faire durer le blocage du pays confronté à une crise sans précédent pour un élément de son programme, a fait remarquer le chef de groupe Ahmed Laaouej. "Il faut faire preuve d'humilité. Dans ce pays qui fonctionne à la proportionnelle, on doit faire des compromis", a-t-il dit en rappelant les acquis sociaux de ce gouvernement: relèvement des pensions, refinancement des soins de santé, etc. "Il y a dans ce gouvernement des vrais progrès sociaux", a-t-il affirmé.

"Ce projet Vivaldi offre des réponses concrètes aux problèmes auxquels les Belges sont confrontés", a assuré le chef de groupe Ecolo-Groen, Kristof Calvo.

A ses yeux, ce nouveau gouvernement traduit une véritable "rupture de tendance" par rapport à la coalition suédoise, marquée par les tensions récurrentes. Et de réfuter les critiques nationalistes sur un gouvernement défavorable à la Flandre: "Votre dogme selon lequel ce gouvernement n'aurait pas de légitimité ne m'impressionne pas. Il a une majorité dans neuf des dix provinces. Cette majorité a une légitimité, qui est le produit de la démocratie. Cette majorité dit que l'on peut parfaitement être Flamand et Belge, servir la Flandre et la Belgique".

L'écologiste, à qui son parti n'a pas donné une fonction ministérielle, a reçu de chaleureux applaudissements des partenaires de la Vivaldi. "Les applaudissements de tes collègues sont mérités et à la hauteur de ton implication dans la négociation", a souligné M. Laaouej.

Message d'unité

Devant les reproches des nationalistes, le CD&V a également lancé un message d'unité: "Ce gouvernement a une ambition: noius servirons les intérêts de tous les Belges de La Panne à Arlon, francophones et néerlandophones", a martelé Servais Verherstraeten.

Le nouveau gouvernement s'est donné pour objectif de rapprocher la politique et le citoyen. "Le fossé creusé avec la population est immense", a constaté le chef de groupe MR, Benoît Piedboeuf.

En conclusion de son intervention, le libéral s'est fendu d'un plaidoyer sincère en faveur d'une meilleure connaissance mutuelle de part et d'autre de la frontière linguistique, pointant du doigt aussi bien la méconnaissance du néerlandais au sud du pays que la démonstration de force du Vlaams Belang contre le nouveau gouvernement aux marches de Bruxelles. "On veut travailler contre les partis haineux qui instillent un agressivité méchante contre les francophones. On ne va pas dialoguer avec eux mais il faut bien voir leurs messages, il faut le savoir", a-t-il dit.

Au vu du nombre d'interruptions des orateurs, le débat progresse avec une lenteur extrême et au bout de près de 7 heures, à peine cinq chefs de groupe se sont exprimés. Il s'étendra donc sur la soirée et peut-être la nuit. A 3h, les députés réunis exceptionnellement au parlement européen doivent quoi qu'il en soit avoir quitté les lieux.

Le vote de la confiance au gouvernement est attendu samedi.

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