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Vivre au temps du confinement: des jeunes témoignent

Vivre au temps du confinement: des jeunes témoignent

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15 déc. 2020 à 12:21 - mise à jour 15 déc. 2020 à 12:21Temps de lecture3 min
Par RTBF

Comment les jeunes traversent-ils la crise du covid? Comment vivent-ils le confinement? Comment imaginent-ils leur avenir? Ce sont les questions auxquelles l'association "SCAN-R" a voulu répondre en rencontrant plus de 300 jeunes, partout en Wallonie et à Bruxelles.

Et de ces rencontres est né un livre "Les bouches émissaires, jeunesse confinée", une compilation de témoignages de jeunes recueillis depuis le déclenchement de l'épidémie.

Gilles Ernoux est le rédacteur en chef de cette ASBL SCAN-R. Il était l'invité de Liège-Matin ce mardi.

Pourquoi, dès le début de la pandémie, avez-vous pensé qu'il était important de profiter de ce moment pour donner la parole aux jeunes?

Gilles Ernoux: "Profiter, ce n'est peut-être pas le bon mot, mais on s'est dits que les jeunes étaient confinés, qu'on avait l'habitude de travailler avec eux, d'organiser des ateliers d'écriture pour eux, et on a donc voulu trouver un dispositif aussi original que possible pour permettre de continuer le travail en se disant qu'ils avaient peut-être un peu plus de temps, et en se disant surtout qu'ils avaient absolument et certainement des tas de choses à dire, et qu'on devait faire tout ce que nous pouvions pour leur donner la parole".

Vous insistez beaucoup sur cette jeunesse plurielle (tous uniques, tous différents), mais est-ce qu'il y a un trait commun, un ressenti identique qui relie tous ces témoignages ?

Gilles Ernoux: "On a essayé de classer ces témoignages en différents thèmes, mais c'est extrêmement compliqué parce que les témoignages sont tous très très riches. Ce qui les rassemble tous, c'est peut-être qu'ils sont tous uniques. Il y a des témoignages qui frappent plus que d'autres, on a des situations un peu plus lourdes parfois, voire très très lourdes. Le premier confinement a aussi été un moment de grande introspection par rapport aux jeunes, et les faire travailler par l'écriture les plonge encore un peu plus loin dans leur parcours, dans leur histoire. Et ce qui se passe, si on veut tirer une grosse tendance, -c'est en tout cas celle que j'aime y voir, mais peut-être que je suis un peu naïf-, c'est quand même un certain espoir pour demain en se disant que la pandémie, ça peut être aussi une chance et une occasion de faire tourner le monde un peu plus juste".

J'ai peur de voir le monde tel que je l'ai toujours connu se transformer

Parmi les témoignages recueillis dans ce livre, on trouve celui de Margaux, 16 ans. La jeune flémalloise a participé au projet. Elle était également notre invitée ce matin.

Margaux, vous avez écrit "Je ne peux plus voir mes amis, aller en soirée ou simplement boire un verre. Mais j’accepte. Je pense à l’avenir". Le manque de contacts, c'est ce qui vous a fait le plus souffrir?

Margaux: "C'est sûr que ce n'est jamais facile de ne pas pouvoir voir ses amis car c'est toujours important d'avoir un contact extérieur et de pouvoir voir les personnes qu'on aime en dehors de notre famille. C'était vraiment dur de ne pas pouvoir voir toutes ces personnes".

Vous écrivez aussi "Parfois, je me sens un peu effrayée. Non pas d’être atteinte par la maladie, mais plutôt de voir le monde, tel que je l’ai toujours connu, se transformer". Qu'est-ce que vous avez peur de perdre?

Margaux: "J'ai peur de perdre toute cette solidarité que j'ai construite au fur et à mesure de ma vie, de voir le monde comme je l'ai toujours connu changer car c'est une attache, et là, je le vois se transformer, et je me dis que tout peut basculer. C'est un peu effrayant".

Durant cette crise, les jeunes ont été pas mal stigmatisés. Est-ce qu'on n'a pas commis une erreur?

Gilles Ernoux: "Pour nous, on a commis une erreur oui. On a reproché des choses aux jeunes. Et en même temps, on a vu que des politiques ne se privaient pas de faire certaines choses qui étaient interdites. Donc pour nous, clairement, on continue encore et toujours à stigmatiser les jeunes, il y a avait encore des choses ce matin dans les médias par rapport à ça. Le jeune est le bouc émissaire de notre point de vue. C'est aussi le clou le plus facile sur lequel on peut taper, et c'est d'autant plus important pour nous de leur donner la parole pour permettre d'essayer de revendiquer, de dire des choses, et de se faire entendre".

Pour toute info concernant ce livre "Les bouches émissaires, jeunesse confinée", rendez-vous sur le site scan-r.be/livre.

Covid-19: Tarmac rencontre des jeunes (JT du 15/12/2020)

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