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Void, la société fictive SARA, du son à l’image, au Botanique.

SARA, entrée de l'usine

Void - Arnaud Eeckhout et Mauro Vitturini - présente SARA au Museum du Botanique. Void signifie le vide, mais le vide est occupé par les ondes sonores qui voyagent dans l’air. Le collectif poursuit le projet de donner une matérialité à l’onde sonore, invisible.

Le phonautographe

Void s’intéresse depuis plusieurs années au phonautographe dont l’histoire remonte au milieu du 19e siècle. Un typographe français, Edouard-Léon Scott de Martainville, invente un appareil qui permet d’inscrire une trace sonore sur un support préalablement enduit de noir de fumée. Scott de Martainville désire rendre visible le son. Le phonautographe est construit sur le modèle du conduit auditif, du tympan et des osselets. L’engin est constitué d’un pavillon acoustique, d’un cylindre entouré de la feuille de papier couverte de noir de fumée et d’un stylet qui vibre au rythme de la voix et reproduit les oscillations vocales. Le stylet grave une trace dans la suie. La trace graphique du son est appelée phonautogramme. L’inventeur n’imagine absolument pas restituer la voix humaine. Le 21e siècle révélera le potentiel sonore de sa production.

Le phonautogramme

En 2008, une équipe de chercheurs américains parvient à déchiffrer un phonautogramme datant de 1860. Le document fait entendre la voix d’un homme, Edouard-Léon Scott de Martainville, chantant Au clair de la lune, mon ami Pierrot ". Oh étonnement, la possibilité de reproduite un son existait dix-sept ans avant l’invention du phonographe par Edison. Le plus vieil enregistrement au monde d’une voix humaine est inscrit depuis 2015 au registre Mémoire du monde de l’Unesco.

Le phonautographe, Scott de Martainville chante Au clair de la lune

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Void était parvenu à construire un phonautographe et à réaliser des phonautogrammes. Les images d’une beauté délicate et subtile ressemblent à une énigmatique écriture formée de multiples courbes.

Souvenir Archival Recording Apparatus

Au Botanique, Void réalise à présent une vaste installation dans le museum. Le collectif imagine une société fictive, SARA -Souvenir Archival Recording Apparatus, qui propose une exploitation industrielle du procédé. Le visiteur est invité à livrer un souvenir personnel dans une cabine d’enregistrement. Un programme informatique transmet le son dans un temps différé à l’unité de production. Trois cylindres recouverts de papiers sensibilisés au noir de fumée tournent sur eux-mêmes. Un stylet vibre et grave des sillons blancs dans la suie. Les techniciens de SARA habillés d’une salopette blanche au logo de l’usine veillent sur l’unité de production. Void projette le visiteur dans une fiction où les techniques du génie mécanique rencontrent les technologies de synthèse vocale. L’exposition ouvre un temps et un espace de réflexion. Un temps qui questionne la finitude de toute technologie. Un espace du souvenir, de l’empreinte immatérielle d’une humanité en quête de traces mémorielles.

Arnaud Eeckhout au micro de Pascal Goffaux.

Void, la société fictive SARA, du son à l’image, au Botanique.

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Sara, entrée de l'usine
SARA, cylindres
SARA, cabines d'enregistrement, extérieur
SARA, cabine d'enregistrement, intérieur

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