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Volet belge des attentats à Paris : Zakaria Jaffal n'a jamais apporté son soutien aux terroristes de Paris, selon son conseil

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09 mai 2022 à 12:57Temps de lecture2 min
Par Belga

Zakaria Jaffal n'a posé aucun acte de soutien, même moral, ni à son ami Ahmed Dahmani ni à Salah Abdeslam, a affirmé Me Cédric Lefèbvre, lundi matin, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles qui juge le dossier "Paris bis". Quatorze personnes sont prévenues pour avoir apporté, aux auteurs des attentats à Paris, une aide qui, même minime, a permis de perpétrer les attaques.

Me Lefèbvre a plaidé l'acquittement pur et simple de Zakaria Jaffal et, à titre subsidiaire, l'acquittement au bénéfice du doute. Pour l'avocat, rien dans le dossier du parquet fédéral ne permet de penser que Jaffal a apporté une aide à la cellule terroriste responsable des attentats du 13 novembre.

"Madame la procureure lui reproche d'avoir apporté un soutien à Ahmed Dahmani [considéré comme l'un des logisticiens des attentats] lorsque celui-ci a acheté son billet d'avion pour la Turquie [la veille des attentats]. Mais quel est ce soutien exactement? Il lui a donné l'idée de partir? Jamais! Au contraire! Ils ont en fait passé la journée ensemble et Dahmani lui a demandé de s'arrêter avec lui à l'agence de voyages. Zakaria Jaffal s'est assis dans le canapé tandis que Dahmani était au comptoir", a exposé Me Lefèbvre. 

"La seule petite chose qui aurait pu interpeller mon client c'est que Dahmani partait d'Amsterdam [aéroport de Schiphol] et non de Bruxelles. Il n'a apporté en rien un soutien! Le billet d'avion aurait de toute façon été acheté par Dahmani car lui savait qu'il devait s'enfuir."

"Il ne savait rien"

Le pénaliste est également revenu sur la localisation de Zakaria Jaffal rue de la Serrure à Bruxelles, la veille des attentats, le 12 novembre 2015 vers 03h00, alors que Salah Abdeslam et Mohamed Abrini s'y trouvaient aussi. Selon l'enquête, c'est à ce moment-là que les deux hommes ont installé un brouilleur de GPS dans le véhicule de location Seat Leon, qui sera le lendemain l'un des "convois de la mort". "Le fait qu'il était avec eux n'est qu'une hypothèse", a plaidé Me Lefèbvre. "Et même s'il les a effectivement suivis dans la rue de la Serrure, a-t-il forcément fourni une aide? Était-il forcément au courant de quelque chose? Non. Il ne savait rien", a-t-il martelé.

"Le fait qu'il ait cassé son GSM le soir des attentats, ça c'est troublant", a concédé l'avocat. "Mais est-ce que sa réaction est une aide? C'est ça la question qu'il faut se poser! Il voit les attentats à la télévision, et quelques minutes avant Dahmani l'avait appelé... Je ne sais pas ce que j'aurais fait à sa place. Il panique, oui, mais il panique après que les attentats soient commis. Quelle est donc l'aide effective qu'il apporte? Il n'y en a pas!", a plaidé Me Lefèbvre.

Zakaria Jaffal avait été arrêté en janvier 2016 dans le cadre de l'enquête belge sur les attentats à Paris. Il avait fait quatre mois de détention préventive avant d'être libéré. La procureure fédérale a requis une peine de 18 mois de prison avec sursis à son encontre. Elle l'estime coupable de participation aux activités d'un groupe terroriste pour avoir "activement soutenu son très proche ami Ahmed Dahmani en favorisant son départ vers la Syrie".

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