Patrimoine

Votez pour sauver une de ces six œuvres d’art lors du Challenge Patrimoine 2022

Les œuvres sélectionnées pour le Challenge Patrimoine 2022

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Ils sont six à prétendre à la victoire. L’IRPA, l’Institut royal du patrimoine artistique, vient de dévoiler les six trésors — deux par région — sélectionnés pour cette 2e édition du Challenge Patrimoine. À la clé pour le vainqueur : une restauration en bonne et due forme.

Envie d’offrir une cure de soins à l’une de ces œuvres ? Vous avez jusqu’au 27 novembre pour voter pour votre préférée.

En 2021, c’était la magnifique chapelle funéraire du peintre Rubens, à Anvers, qui remportait le gros lot. Son monumental tableau, peint par le maître en personne, est aujourd’hui entre les mains de l’IRPA pour une restauration en profondeur.

L’entretien de l’héritage culturel belge, pourtant foisonnant, est trop souvent le parent pauvre des politiques publiques.

J’ai le cœur brisé quand je vois l’ampleur des besoins et le peu d’attention et de moyens dont nous disposons. Grâce au Challenge Patrimoine, nous voulons changer cela.

précise Hilde De Clercq, directrice générale de l’IRPA.

Le Challenge Patrimoine entend se tenir tous les ans jusqu’à 2030, année du bicentenaire de la Belgique, et ainsi permettre à dix chefs-d’œuvre de jouir d’une restauration, financée notamment par la Fondation Roi Baudouin et la Loterie nationale. Durant un an, l’IRPA assistera l’institution propriétaire de l’œuvre gagnante à lever des fonds et améliorer sa communication.

Le Grand Gagnant sera désigné par une commission de personnalités belges qui se basera sur le succès de la campagne de vote du public, l’intérêt supra local de l’œuvre et l’urgence du traitement de conservation et de restauration. L’œuvre qui aura remporté le plus de voix du public, qu’elle soit gagnante ou non, profitera d’un rabais de 5000 euros auprès de l’IRPA pour sa restauration.

Et les nommés sont…

Deux œuvres wallonnes, deux œuvres bruxelloises et deux œuvres flamandes sont ainsi nommées pour remporter le Challenge cette année. Toutes nécessitent une urgente restauration et l’amélioration de leur état de conservation.

Le Massacre des Innoncents de Louis Finson à Andenne

Le tableau Le Massacre des Innoncents de Louis Finson (avant 1580-1617) dans l’église Sainte-Begge d’Andenne.

La monumentale peinture à l’huile, signée Louis Finson est exposée dans l’ancienne collégiale Sainte-Begge d’Andenne. Classé Trésor de la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2010, il s’agit de la seule œuvre du grand peintre brugeois conservée en Belgique.

Louis Finson (avant 1580-1617), célèbre à son époque, mais seulement connu du milieu de l’art actuellement, est un peintre flamand de la Renaissance fortement inspiré du Caravage.

Depuis 2019, le tableau acquis par l’église au 19e siècle, est victime de dégradations : il perd une partie de sa couche picturale, le vernis présente des microfissures, et d’anciennes retouches se sont altérées.

Notre-Dame des Malades de la cathédrale de Tournai

La statue de Notre-Dame des Malades de la cathédrale de Tournai.

Elle se tient près du portail de la nef centrale de la cathédrale Notre-Dame de Tournai depuis le 14siècle. La Vierge à l’Enfant, dite Notre-Dame des malades, était l’objet d’un important pèlerinage annuel au Moyen-Âge.

Elle a vu défiler de nombreux libraires, peintres et artistes anversois qui avaient l’autorisation de venir exposer et vendre leurs œuvres sous le porche. Les deux figures ont été décapitées en 1566, lors des saccages iconoclastes.

Actuellement, la statue est victime de la poussière et des crasses accumulées par les siècles. De nombreuses parties sont noircies, et la pierre bleue est délitée sur une large partie de l’œuvre.

La chaire de vérité dans la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule

La chaire de vérité de Hendrik Frans Verbrugghen (1654-1724) dans la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule à Bruxelles.

Œuvre du sculpteur anversois Hendrik Frans Verbrugghen (1654-1725), la chaire à prêcher de la cathédrale bruxelloise a même ébloui Victor Hugo en personne. Rarement utilisé aujourd’hui, cet imposant meuble (près de 7 mètres de haut) sculpté en bois était au centre des eucharisties jusqu’en 1960. Il est l’une des plus anciennes chaires de Belgique.

À l’origine, elle fut fabriquée entre 1695 et 1699 pour l’église des Jésuites à Louvain. Elle fut échangée, en 1776, avec celle de la cathédrale.

Actuellement très assombrie, on a du mal à admirer son exceptionnelle qualité. L’IRPA espère pouvoir lui rendre son aspect original. L’étude de l’œuvre permettra également d’en savoir davantage sur ce chef-d’œuvre de la sculpture baroque belge.

Les plâtres du Monument au Travail de Constantin Meunier

Les plâtres de Constatin Meunier pour le Monument au Travail au Musée Meunier à Ixelles.

Le Monument au Travail, signée Constantin Meunier, se dresser à Laeken, au bord du Canal de Bruxelles. Mais ce n’est pas lui qui sera l’objet d’une potentielle rénovation.

C’est bien son modèle en plâtre, resté durant des années dans l’atelier de l’artiste après sa mort prématurée en 1905. C’est sur ce genre de modèle que Meunier a travaillé des mois durant pour peaufiner l’original.

Sujet à la corrosion et à la rouille de sa structure en fer, abîmé par ses déplacements, le modèle a besoin d’une intervention de stabilisation et d’une importante rénovation. Comme toute la collection de plâtre de l’artiste (candidate au Challenge Patrimoine 2021), il est conservé au Musée Meunier d’Ixelles, mais n’est pas encore montré au public à cause de sa fragilité.

La collection de poupées religieuses de l’église Sainte-Gertrude à Wetteren

La collection de poupées religieuses de l’église Sainte-Gertrude à Wetteren.

Voilà une collection atypique. Elles sont 138 à reposer dans l’église Sainte-Gertrude à Wetteren. Toutes sont revêtues de l’habit des ordres monastiques féminins belges et français.

Elles ont été rassemblées par un passionné de patrimoine et de textile afin de documenter les connaissances en habits monastiques. Chaque ordre a reçu de sa part une poupée, que les religieuses ont habillée en confectionnant elles-mêmes les costumes et accessoires. Des reconstitutions minutieuses et faites avec les mêmes matériaux et techniques que les originales.

Mais les poupées sont aujourd’hui salies, et présentent par endroits des taches rougeâtres et brunâtres. Les affres du temps n’épargnent pas ces petits objets fragiles, qui ont bien besoin qu’on s’occupe d’eux.

Les costumes de ballet de James Ensor

Les costumes de ballet de James Ensor (1860-1949) au Mu.ZEE d’Ostende.

La collection était déjà candidate l’an passé, elle est tellement exceptionnelle qu’elle l’est à nouveau cette année.

Les costumes ont été imaginés par James Ensor pour son ballet La Gamme d’AmourIls sont actuellement conservés au Mu. ZEE d’Ostende, et sont le témoignage du penchant pour la musique du célèbre peintre.

Mais les six pièces de textile peintes présentent de mystérieuses taches qui menacent leur intégrité. De plus, une étude approfondie permettrait de savoir si elles ont été peintes par le maître en personne.

Si vous participez au vote, vous aurez peut-être la chance de gagner un "ticket éternel" vous permettant un accès gratuit à vie pour aller admirer l’œuvre gagnante.

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