Voyages

Voyage musical dans les étoiles

© Photo by Juskteez Vu on Unsplash

29 déc. 2021 à 07:21Temps de lecture4 min
Par Axelle Thiry

"Où allons-nous madame ? - Dans les étoiles !" Si les cinéphiles auront reconnu l'une des répliques les plus connues de Titanic, ce n'est pas un voyage dans l'histoire du cinéma que vous propose Axelle Thiry. C'est un voyage dans les étoiles que nous vous proposons. 

Fils des étoiles, frères des dauphins, c’est le titre d’un passage du livre de l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan, Le Cosmos et le Lotus. Il y évoque l’intime connexion des êtres humains avec le cosmos. On peut y lire que "nous sommes faits d’atomes fabriqués lors de l’explosion primordiale d’abord, et lors de l’alchimie nucléaire des étoiles ensuite. Nous sommes tous faits de poussières d’étoiles. Frères des bêtes sauvages et cousins des fleurs des champs, nous portons en nous l’histoire cosmique. Le simple fait de respirer nous relie à tous les êtres qui ont vécu sur le globe. Les milliards de molécules d’oxygène que nous inhalons avec chaque bouffée d’air ont été un jour ou l’autre dans les poumons de chacun des milliards d’individus ayant vécu sur Terre."

 

Pourquoi voyons-nous les étoiles ? Comme l'explique Trinh Xuann Thuan dans son livre "Une nuit", paru chez l’Iconoclaste, la lumière n'est perceptible que si elle interagit avec un objet : comble des paradoxes, la lumière qui nous éclaire et nous permet de voir le monde est en elle-même invisible. C'est seulement quand on introduit un objet dans le chemin de la lumière et qu'on le voit illuminé qu'on se rend compte que la lumière est là. Un astronaute qui regarde par le hublot de sa cabine spatiale ne voit que le noir d'encre de l'espace profond, bien que l'espace autour de lui soit en réalité inondé de lumière solaire. Si la lumière ne tombe sur rien, elle ne peut être vue et le ciel est noir. Pour que la lumière manifeste sa présence, il faut donc que son trajet soit intercepté par un objet matériel, que ce soit les pétales d'une rose, les pigments colorés sur la palette d'un peintre, la rétine de notre œil ou le miroir d'un télescope. L’astrophysicien s’émerveille devant la beauté du cosmos. Il confie que son cœur bat devant le dessin des bras en spirale d'une galaxie, les structures nuageuses d'une pouponnière stellaire ou l'image d'un amas globulaire, ensemble de millions d'étoiles liées entre elles par la gravité. Il ajoute : "Je me sens porté par l'univers, en osmose avec lui. Cette lumière qui parvient maintenant à mon télescope est partie il y a des millions, voire des milliards d'années, avant même que certains atomes de mon corps n'aient été fabriqués par fusion nucléaire au cœur d'une étoile".

Peteris Vasks a composé un concerto intitulé "Tala Gaisma" Lumière lointaine. C’est une œuvre pleine de nostalgie, liée à quelques réminiscences tragiques, à des souvenirs d’enfance et au scintillement des étoiles qui luisent à des millions d’années-lumière.  La partition est pleine de contrastes, à la fois tendue et calme, mélancolique et tendre, grave et méditative.

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Comme l’explique Hubert Reeves, vers la fin du XVIe siècle, grâce à Copernic et Galilée, la Terre devient un astre comme les autres. Les étoiles quittent leur antique sphère céleste et prennent le large. Ce sont d’autres Soleils mais combien plus éloignés. L’univers des astronomes prend des dimensions formidables. L’espace est parsemé d’astres, peut-être jusqu’à l’infini.

On aime rêver en regardant le ciel, et relier certaines étoiles entre elles par des liens invisibles qui les rassembleraient en constellations. Les formes que nous y voyons reflètent notre imaginaire et notre culture. Notre grande ourse devient une charrue pour les Anglais. En Amérique du Nord c'est une grande louche et pour les Chinois c'est un gratte-papier céleste assis sur un nuage qui reçoit les pétitions des citoyens. En Egypte, c'est un curieux cortège composé d'un taureau, d'un Dieu et d'un hippopotame qui porte un crocodile sur son dos. Que de variété, qui révèle que notre imagination a aussi son ciel de possibilités illimitées.

Jean-Sébastien Bach ne cesse de nous émerveiller par son imagination. Et une de ses œuvres a été envoyée dans l’espace, sous l’archet du violoniste Arthur Grumiaux. La Nasa a décidé d’envoyer de la musique de la Terre dans l’espace. D'après une dépêche d'agence, en 1977, je cite: "L'enregistrement de la Partita n° 3 de Bach est compris dans les nonante minutes de musique enregistrée qui font partie des objets déposés dans les fusées Voyager I et Voyager II qui ont été lancées aux Etats-Unis par la Nasa, les 20 août et 1er septembre respectivement, vers les planètes Jupiter, Saturne, Uranus et leurs satellites. Après les observations qu'elles sont chargées de faire, les deux fusées dépasseront, on le sait, le système solaire et continueront leur course pendant un billion d'années.

Suivez les étoiles et leur musique en écoutant l'émission Voyages d'Axelle Thiry ci-dessous.

Programmation musicale

Arvo  PÄRT - Étoile du matin . Theatre of voices Ars Nova Copenhagen sous la direction de Paul Hillier . HMU 807553.

Peteris  VASKS - Le Concerto " Tala Gaisma " (Lumière lointaine) . Renaud Capuçon et l'Orchestre de chambre de l'Europe . Erato 4632322 .

Wilhelm  PETERSON-BERGER - Comme les étoiles au ciel. Anne-Sophie Von Otter et Bengt Forsberg. DG 449 189-2.

Jean-Sébastien  BACH - La Partita en mi majeur pour violon n°3 BWV 1006 . Arthur Grumiaux.  Philips.

Antonio  VIVALDI - Clara stellae scintillate RV 625.  Philippe Jaroussky & l'Ensemble Artaserse . Erato 82564 .

Ture  RANGSTRÖM - La Symphonie n° 3 en ré bémol majeur intitulée "Chant sous les étoiles". L'orchestre symphonique de Norrköping sous la direction de Michail Jurowski. CP0 999369-2.

Claude  DEBUSSY - Nuit d'étoiles  . Sandrine Piau et Susan Manoff . Naïve 5063.

Olivier  MESSIAEN - Le désert,"Des canyons aux étoiles". L'orchestre symphonique de la radio de Baden-Baden et de Fribourg sous la direction de Sylvain Cambreling . Hännsler  93225.

Olivier  MESSIAEN - Les étoiles et la gloire extrait de "Des canyons aux étoiles". L'orchestre symphonique de la radio de Baden-Baden et de Fribourg sous la direction de Sylvain Cambreling . Hännsler  93225.

Franz  SCHUBERT - Die Sterne D 684. Matthias Goerne et Eric Schneider. HM 902109.

Franz  SCHUBERT - Nacht und traume. Matthias Goerne et Alexandre Schmalcz . HMC 902063.

Johannes  BRAHMS - Les Ballades n°1 et 2.  Alfred Brendel. Philips 4264392 .

Jonathan  DOVE - Seek him that maketh the seven stars . Jeremy Filsell & Tenebrae sous la direction de Nigel Short. Sig CD501 .

Production et présentation : Axelle THIRY

Réalisation : Antoine DUWAERTS

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