RTBFPasser au contenu
Rechercher

Voyager en Europe est devenu un casse-tête, la Commission européenne prône une approche globale

Restrictions pour les voyages à l’étranger, fermeture de frontières, dépistage et quarantaine obligatoires de retour des zones à risques. Face à la reprise des contaminations au Covid-19 sur le continent, les pays européens lancent de nouvelles consignes en permanence. Parfois sans préavis. Est-ce que le chaos du début de la pandémie risque de se reproduire cet automne ?

Une chose est sûre. On sent clairement de la fébrilité dans les capitales européennes. Pour stopper la circulation du virus, les pays prennent des virages différents. Parfois très vite. On a l’impression que ça part dans tous les sens. Par exemple, en Espagne, le port du masque est obligatoire dès 6 ans. Au Royaume-Uni, les rassemblements ne peuvent plus dépasser 6 personnes. Au Portugal, la limite est de 10 personnes. La Belgique, elle, a imaginé le concept des "bulles sociales" de 5 personnes… par famille. Et ce n’est là qu’un tout petit échantillon des mesures adoptées.


►►► À lire aussi : Où pouvez-vous voyager en Europe ? La carte des zones rouge, orange et verte du SPF Affaires Etrangères


Vous vous y perdez ? Tout cela est complètement incohérent ? C’est compréhensible. Mais ce désordre semble inévitable pour une raison toute simple. Chaque pays vit une situation particulière. Les gouvernements font ce qu’ils jugent nécessaire en matière de santé publique et adaptent les mesures à l’évolution de la maladie chez eux, sur base des conseils de leurs spécialistes santé nationaux.

Ce qui paraît plus surprenant, c’est la diversité qui existe aussi dans les restrictions de voyage adoptées par les pays européens. Chez nous, vous le savez, le ministère des affaires étrangères met à jour régulièrement la liste des pays où les voyages non-essentiels sont interdits. Par exemple, pas question en ce moment pour les Belges de faire du tourisme en Espagne, le pays est presque tout rouge. La France aussi rougit de plus en plus.

Une prérogative des Etats membres

En fait, chaque pays européen a sa propre liste, établie sur base de ses propres critères. Chaque pays décide s’il impose des quarantaines et des tests de dépistage aux voyageurs qui reviennent de zones à risques. La Hongrie, elle, est allée un cran plus loin encore. Elle a tout simplement fermé ses frontières à tous les Européens, à quelques rares exceptions près, ce qui a eu le don d’irriter passablement la Commission européenne qui y voit un risque de discrimination.

Mais alors va-t-on revivre le chaos vécu sur les routes européennes au début de la pandémie pourrait se répéter cet automne ? Les Européens n’ont pas retenu la leçon du printemps dernier ?

Il faut avoir en tête deux points importants avant de répondre. D’abord, la santé publique est une prérogative des Etats membres. Ensuite, une crise sanitaire grave peut être considérée comme un danger pour la sécurité nationale, et dans ce cas, les pays européens peuvent fermer leurs frontières. C’est prévu dans le règlement de l’espace Schengen.

C’est ce qui s’est produit au début de la crise. La fermeture des frontières a été une sorte de réflexe, quasi grégaire. Un réflexe qui titille encore aujourd’hui quelques dirigeants des 27 même si, désormais, ils se rendent bien compte de la nécessité de mieux se coordonner.

Des propositions de la Commission pour remettre un peu d’ordre

Plus encore que les États membres, la Commission européenne souhaiterait aussi mettre un peu d’ordre dans cette pagaille et vient de faire une série de propositions. Elle voudrait établir des critères communs pour définir les zones à risque. Chaque zone serait classée en vert, orange ou rouges en fonction des seuils de contamination. Ce classement européen remplacerait les classements nationaux. Enfin, la communication entre les pays européens serait améliorée.

Les discussions entre 27 sont en cours. Il semblerait que certains gouvernements jugent déjà les propositions de la Commission européenne trop ambitieuses. Pourtant, les enjeux sont importants. Outre l’importance évidence de santé des citoyens, il en va aussi de l’avenir de la libre circulation au sein de l’espace Schengen, une des principales réalisations du projet européen.

Les coulisses de l'Europe : le casse-tête des voyages en Europe en temps de coronavirus

Articles recommandés pour vous