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Vuelta - Cyclisme

Vuelta : "Les gens ne se rendent pas compte comment et combien Remco Evenepoel a travaillé", confie Patrick Lefevere

À quelques jours, quelques heures, de l’arrivée de la Vuelta à Madrid, nous avons rencontré Patrick Lefevere avant son passage dans l’émission de la VRT 'Vive le Vélo'. Le manager de la formation Quick-Step Alpha Vinyl et donc patron de Remco Evenepoel se dit impressionné. "Oui, il m’impressionne ! Je serais un menteur si je disais le contraire. Et pourtant, croyez-moi, je suis un grand 'believer' (trad : un croyant). On avait démarré cette Vuelta avec de bons espoirs. Il nous a surpris dans la première semaine où il a même lâché les autres favoris dans des pentes raides. Son chrono était super et il se retrouve dans le maillot rouge. Tout ça avec aussi une part de malchance : le covid de Pieter Serry et la chute de Julian Alaphilippe. On défend donc ce maillot de leader avec seulement cinq coureurs, c’est extraordinaire. Malheureusement on a un peu peur car Louis Vervaeke est tombé jeudi et il est assez touché", explique Patrick.

À 416 kilomètres de l’arrivée finale à Madrid et du haut de sa grande expérience, Patrick Lefevere veut rester très prudent. "On a encore vu dans le début de l’étape de jeudi que tout peut arriver, le pauvre Jay Vine qui doit abandonner alors qu’il est meilleur grimpeur. Chaque virage, il y a quelque chose qui peut se passer. Et avec le covid, on ne sait jamais sur quelle tête va tomber le marteau".

Il a fait tous les sacrifices. Plus que ça ? Il ne pouvait pas

Quand on lui demande comment Remco Evenepoel a travaillé pour préparer cette Vuelta, le manager insiste sur deux points : le déclic de Liège-Bastogne-Liège et une préparation monacale. "Avec sa chute en Lombardie il a perdu entre 6 mois et un an de sa carrière. Les gens sont très impatients avec lui, et Remco lui-même est parfois trop impatient. Mais je pense que cette année, on voit le vrai Evenepoel. Son exploit à Liège-Bastogne-Liège lui a donné une confiance en lui extraordinaire, il a tout lâché et cette victoire l’a libéré. Et depuis cette course, tout le reste de sa saison a été axé sur ce Tour d’Espagne. Sincèrement, on ne s’attendait à lutter aussi vite pour une victoire finale. On visait un Top 10. Le voir maintenant leader avec déjà deux victoires d’étapes en poche, on n’y croyait pas. Quand on a construit une équipe pour un grand tour, on imaginait pouvoir y arriver dans deux ou trois ans. Et on voit que finalement, on pourrait déjà le faire cette année".

"Les gens ne se rendent pas compte comment et combien il a travaillé pour arriver à ce niveau. On use et abuse de la formule 'jour et nuit', mais ici, c’était vraiment le cas. Pendant une longue période, il a tout dégagé pour préparer au mieux son objectif. Il a passé des semaines et des semaines en montagne, en altitude. Il a fait tous les sacrifices, plus que ça, il ne pouvait pas faire. Remco a aussi travaillé sur le mental, en se documentant et en travaillant avec le psychologue de notre équipe. Pour espérer gagner un grand tour, ce sont tous les petits plus qui aident".

Une petite porte ouverte sur le Tour de France 2023

"Au départ, on a dit que notre équipe était faible. Moi je dis qu’une équipe est toujours à la hauteur de son leader. Et on voit que nos coureurs se surpassent car on a, avec Remco, un vrai leader qui tire cette équipe. Si on atteint Madrid dimanche soir avec le maillot rouge, on met tout le monde d’accord. Mon petit plaisir c’est de voir qu’il répond avec les pédales à toutes les interrogations et tous les détracteurs. Parce qu’en Flandre, plus qu’en Wallonie, on a toujours l’esprit négatif, genre 'oui, mais…'".

Sans 'peaudeloursifier', R.EV a déjà apporté des réponses à la dernière (?) grande question de sa carrière et de son orientation. Maintenant, on peut l’affirmer : il est capable de gagner un grand tour. Patrick Lefevere a noté cela comme nous et il se confie sur l’avenir. "Je veux continuer à renforcer l’équipe avec cette volonté d’épauler un peu plus Remco. Malheureusement, ici, je n’avais que cinq contrats qui se libéraient et je n’avais pas énormément de choix. Mais je suis certain que d’autres coureurs de l’équipe peuvent aussi l’assister en montagne. Mais c’est clair que pour 2024 et 2025, on va devoir trouver des renforts. Contrairement à d’autres équipes qui n’ont pas de budget, qui ne voient jamais la fin de la caisse et peuvent dépenser sans compter, moi je dois compter mes sous", explique le boss de la Quick-Step.

Quant à une éventuelle participation au prochain Tour de France 2023, Patrick Lefevere a déjà indiqué qu’il était défavorable mais il laisse une porte ouverte. "On dit que ce sera ma décision parce que je suis le patron. Mais moi, je suis un démocrate. On va bien réfléchir, ne pas se laisser emballer par la pression et les attentes autour de Remco, y aller pas à pas. Si lui veut y aller, on en discutera".

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