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Wanze : Emobe, un des très rares projets belges de conversion électrique de voitures thermiques

La Mercedes SLC de 1977 a troqué son V8 contre un moteur électrique

© RTBF – Martial Giot

Convertir une voiture ancienne à moteur thermique en véhicule électrique, c’est qu’on appelle le rétrofit en France, un des pays qui ont pris de l’avance dans ce domaine.

La société Selfenergy basée à Bas-Oha (Wanze) est une des très rares à plancher sur le rétrofit en Belgique. Active dans les énergies renouvelables, elle a lancé en 2017 son projet Emobe en convertissant une Mercedes SLC de 1977. Alors qu’elle venait d’être homologuée, le projet a été ralenti par la crise sanitaire. Aujourd’hui, de nouvelles améliorations sont en cours sur la voiture dont le gros moteur V8 a été remplacé par un moteur électrique tellement compact qu’il tient presque entièrement dans la cloche de la boîte de vitesses.

Fabrice Humblet nous a présenté le projet Emobe : "On a choisi un créneau où on pense qu’il y a de la marge bénéficiaire potentielle, moyen de faire des choses bien et convenablement, avec toutes les fioritures nécessaires et avec l’approche sécurité nécessaire.".

La cible d’Emobe ce sont les ancêtres, plutôt haut de gamme, mais aussi certaines voitures plus récentes. "Effectivement, on est intéressé aussi par les Young Timers, des véhicules plus récents qui ont un cachet, qui apportent quelque chose.", explique Fabrice Humblet.

Du sur-mesure qui a un coût

Il précise aussi : "On ne peut pas espérer qu’un véhicule qui est finalement fait presque à l’unité, avec une autonomie identique à un véhicule de moyenne gamme électrique neuf et une performance comme ce type de véhicule ci, coûte moins cher qu’un véhicule produit en grande série.".

Il ne faut donc pas espérer que la conversion va permettre de passer à la mobilité électrique à moindre coût. "A l’heure actuelle, non en tout cas. Ce n’est pas l’approche que l’on prend non plus. C’est presque un service fait sur mesure, en fonction de la demande de la personne. Mais d’autres rétrofitteurs se concentrent plutôt sur un kit avec des petits moteurs, une petite capacité de batteries. Le prix d’attaque serait de 15.000 euros. Nous, on est à des prix nettement plus élevés. On va beaucoup plus loin au niveau, aussi, du confort et des fonctionnalités. On peut faire plein de choses à la demande du client, aussi. Nous avons déjà fait plusieurs devis, mais de haut niveau, de nouveau, pour des performances de l’ordre de 200 kW et de 100 à 250 kilomètres d’autonomie. On est quand même aux alentours de 35 à 55.000 euros, frais d’installation compris. Et il faut apporter le véhicule évidemment. On vise une certaine clientèle. Mais il y aura probablement de la demande à tous les niveaux. Est-ce que ça va devenir un marché énorme ? Je ne saurais pas le dire."

Le problème de l’homologation

Une fois la conversion réalisée, le véhicule doit être homologué. Or, il n’existe pas de filière en Belgique. "Il n’y a pas encore de filière belge.", confirme Fabrice Humblet, "Une homologation en Belgique, dans le schéma actuel, n’est pas impossible mais ce n’est pas à faire. La solution la plus sage c’est de s’adresser à des pays qui ont une procédure bien définie avec des tests supplémentaires, des tests de sécurité essentiellement."

Et lorsque nous lui demandons s’il a l’espoir que la réglementation puisse évoluer en Belgique, il répond : "La Belgique est quand même assez forte pour rendre les choses très difficiles. Donc moi, je crains que s’il y a une législation, elle sera tout à fait impraticable, en fait. En tout cas, on n’a pas l’impression au niveau gouvernemental qu’ils pensent qu’il y a une filière qui pourrait se créer, quoi."

 

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