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Watermael-Boitsfort: 46 personnes sans-papiers qui occupent les anciens bureaux de la Gécamines menacées d'expulsion

Dans l'ancien bâtiment de la Gécamines, boulevard du souverain, à Watermael-Boitsfort, il n'y a plus des bureaux mais plutôt des matelas, des poussettes et des objets de vie en tout genre appartenant à la cinquantaine de sans-abris qui  occupent les lieux

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18 mai 2021 à 11:57 - mise à jour 18 mai 2021 à 11:57Temps de lecture1 min
Par Clara Weerts

Parmi les 46 personnes sans-papiers qui occupent les anciens bureaux de la Gécamines boulevard du souverain à Watermael-Boitsfort, on compte de nombreuses mères avec enfants. Une occupation illégale pour le propriétaire qui a d’ailleurs entamé une procédure d’expulsion.

 

C’est un grand bâtiment, en haut d’une dizaine de marches, qui trône fièrement sur le boulevard du souverain. A l’intérieur, pas des bureaux mais plutôt des matelas, des poussettes et des objets de vie en tout genre. Une cinquantaine de personnes ont emménagé illégalement dans le bâtiment. L’immeuble est inhabité depuis 2017 et aucun projet n’est prévu. Des conditions idéales pour des sans-abri, comme l’explique Rim Idmiloud, une occupante des lieux : « Ce n’est pas évident de trouver un bâtiment qui peut recevoir une dizaine de familles et des enfants, ce bâtiment-ci était juste parfait ».

Les habitants demandent d’établir une convention d’occupation avec les propriétaires, mais ceux-ci refusent et disent ne pas savoir dans quel état ils récupéreront leur bâtiment. De leur côté, les sans-abri déplorent le manque de dialogue et refusent de quitter les lieux : « On a vraiment tout essayé », témoigne cette occupante, « il y a zéro dialogue, à présent on est tellement fatigués qu’on ne bougera pas. Qu’ils envoient l’armée, la police ou qui ils veulent, on ne sortira pas pour se retrouver sur le trottoir. »

Pour le bourgmestre de Boitsfort, Olivier Deleuze, cette occupation ne constitue pourtant pas un problème : « D’une part, la police me dit que c’est parfaitement salubre à l’intérieur, et d’autre part, aucun rapport de police n’indique un quelconque problème d’ordre public dans le quartier ».

De leur côté, la Gécamines et leur avocat, contactés par nos soins n’ont pas répondu à nos interrogations.

Deux scénarios sont désormais possibles pour les occupants de l’immeuble, ils dépendront  de la décision du juge, soit ils seront expulsés du bâtiment, soit une discussion sera entamée entre les deux parties. La décision du juge devrait être connue au plus tard dans un mois.

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