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Wimbledon 2022 : David Goffin va tenter d’aller en demi-finale… comme Xavier Malisse il y a vingt ans

David Goffin s’apprête à disputer son quart de finale du tournoi de Wimbledon, face à un joueur mieux classé que lui, et qui sera plus soutenu que lui par le public, le Britannique Cameron Norrie. Si le Belge développe un aussi bon tennis que depuis le début de la quinzaine, il a toutes ses chances. Et alors, il réussira le meilleur résultat de sa carrière en Grand Chelem, et il égalera la performance réalisée il y a vingt ans par un autre Belge.

Nous sommes le 4 juillet 2002. Xavier Malisse s’impose 9/7 au cinquième set, face à un ancien vainqueur du tournoi, le Néerlandais Richard Krajicek. Et il se hisse dans le dernier carré du tournoi de Wimbledon. Quelques jours plus tôt, il est déjà venu à bout d’un autre spécialiste du gazon, le Britannique Greg Rusedski, et d’un ancien numéro un mondial, le Russe Evgeny Kafelnikov.

Il écrit, à presque 22 ans, une belle page de l’histoire du tennis belge, exactement comme Filip Dewulf l’avait fait cinq ans plus tôt, à Roland-Garros. Des joueuses, Justine Henin et Kim Clijsters ont bien sûr réussi de meilleurs résultats en Grand Chelem, mais jamais un joueur noir-jaune-rouge n’a fait mieux.

Xavier Malisse a été battu par l’Argentin David Nalbandian, en demi-finale de Wimbledon, cette année-là. Deux décennies plus tard, ce tournoi reste LE grand rendez-vous de sa carrière, et il en garde un souvenir mi-joyeux, mi-nostalgique. Même s’il s’étonne, dans un premier temps, quand on lui en reparle : "Ça fait vingt ans ? Je n’y avais pas encore repensé. Cela passe vite".

Ensuite, il se confie. "Moi, j’adore Wimbledon. Et j’y reviens avec beaucoup de plaisir, pour disputer le tournoi des Légendes. C’est mon meilleur souvenir, avec ma victoire en double à Roland-Garros, aux côtés d’Olivier Rochus. C’était magnifique, ce tournoi de Wimbledon. Et je m’en souviens comme si c’était hier".

Mais quelle est l’image qui lui revient immédiatement en mémoire, quand il pense à son périple londonien ? "Quand j’ai joué contre Rusedski, et qu’il a gagné le quatrième set, ce qui était marquant, c’était le bruit, sur le Court Central. Ce n’est pas le plus grand stade du monde, mais le bruit était énorme, parce que les spectateurs soutenaient un Britannique, qui égalisait à deux sets partout. L’autre image qui me revient, c’est le slice de Krajicek, qui sort, ce qui me qualifie pour les demi-finales. J’ai beaucoup de souvenirs, là-bas".

En demi-finale, le Courtraisien a joué son troisième match en cinq sets de suite. Mais celui-là, il l’a perdu, en deux jours, après bien des péripéties, et beaucoup de stress. Victime de tachycardie, il a même dû faire appel à un médecin, en plein match.

David Nalbandian a gagné les deux premiers sets. Le Belge, remis à flot (sans jeu de mots) par une interruption due à la pluie, domine les deux manches suivantes. Mais il est stoppé dans son élan par la nuit. Le lendemain, il s’incline dans le cinquième set.

Cela aurait pu tourner dans l’autre sens, Xavier Malisse le sait. A-t-il encore des regrets, aujourd’hui, de ne pas avoir gagné ce match, et peut-être ce tournoi ? "Oui, et le pire, c’est que je n’ai pas de souvenir matériel de ce moment. Si tu es en finale, tu reçois un trophée, même si tu perds. Je n’ai rien, et cela me fait un peu mal. Normalement, sans la pluie, j’aurais pu perdre la demi-finale très rapidement. Mais sans la nuit, j’aurais pu m’imposer. J’avais l’impression que j’étais physiquement mieux, à la fin. J’aurais pu jouer la finale, si on avait continué ce jour-là. Mais bon, c’est le sport, c’est comme ça".

Pas de coupe, donc, pour le demi-finaliste. Restent les souvenirs. Ceux qu’il a gardés en mémoire, et ceux qu’il a laissés chez ceux, Belges ou pas, qu’il a fait vibrer. "Quand je jouais, les gens n’étaient pas toujours cools avec moi. Mais ce qui est bizarre, c’est que maintenant, tout le monde est super-sympa. C’est aussi pour cela que l’on a joué au tennis. Pour nous, ce qui compte, ce sont les résultats. Mais pour les gens, il y a plus. C’est bien d’encore rencontrer des personnes qui me disent merci pour ces moments."

Malgré son immense talent, Xavier Malisse n’a plus jamais réussi un aussi bon résultat par la suite, en Grand Chelem. Peut-être, en partie, à cause de ses nerfs, qu’il n’arrivait pas forcément à maîtriser. "On peut toujours avoir des regrets, mais je n’en ai pas trop. On réagit comme on peut, dans ces moments-là. On est sur le court, on est dans notre bulle, et on ne voit pas bien les choses. C’est vrai qu’avec le recul, j’aurais pu faire autrement. Mais il ne faut pas vivre dans le passé. Je changerais peut-être quelques décisions que j’ai prises durant ma carrière, je resterais plus calme. Mais c’est comme ça, c’est facile à dire maintenant. J’ai aussi appris de mes erreurs. Et maintenant, je peux utiliser cette expérience, comme coach de Lloyd Harris".

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