Cyclisme

Wout van Aert absent du championnat de Belgique, ça change quoi ?

Wout van Aert, blessé au genou, a renoncé à défendre son titre national ce dimanche à Middelkerke. Le forfait inattendu d'un des grands favoris, cela change évidemment la donne.

Van Aert, c'était l'épouvantail de ce National. Un sprint massif ? Une échappé d'hommes forts formés dans le vent ? Peu importe le scénario, il était l'homme à battre. Son absence est forcément une sacrée épine hors du pied de la concurrence. Ils ne sont pas nombreux dans le peloton, ceux qui auraient pu se présenter sereinement sur la Westendelaan en compagnie du maillot vert du dernier Dauphiné.

Le chat parti, les souris vont pouvoir danser à la Côte. Le raccourci est peut-être un peu rapide.

Une équipe en plus pour tenter d'éviter le sprint, une opportunité de plus pour les attaquants ?

Première conséquence, sans doute la plus évidente, la formation Jumbo-Visma va devoir revoir son plan de bataille. Plus question de jouer la carte défensive pour favoriser un sprint de van Aert. Nathan Van Hooydonck, Tiesj Benoot et Tosh Van der Sande auraient du protéger leur leader, ils auront carte blanche. Et si le vent souffle assez fort (et dans la bonne direction), ils seront sans doute bien placés avant d'aborder la ligne droite des Moeren. Même avec van Aert ce trio aurait dû être attentif, mais sans lui ils devront tenter de forcer la décision.

Privé de pur sprinter le Wolfpack va devoir attaquer. Quick Step - Alpha Vinyl, spécialistes des bordures, se découvrira sans doute avec moins de retenue. Remco Evenepoel, Yves Lampaert et consorts peuvent tout faire exploser. L'auraient-ils fait au risque d'emmener le multiple champion du monde cyclocross sur le porte-bagage ? "On espère qu'il y ait du vent. Sinon, on devra faire un truc spécial. J'ai déjà gagné à près de la mer à La Panne, tu ne sais jamais ce qu'il va se passer", a commenté Lampaert 2e place dans le chrono.

Avec ou sans Wout, la tactique ne sera donc pas la même. "Avec la présence de Wout van Aert, je pense que beaucoup l'auraient regardé", analyse Gérard Bulens. Pour notre consultant la rivalité entre plusieurs équipes, Lotto-Soudal et Alpecin par exemple pourrait "ouvrir une porte à des coureurs puissants qui peuvent résister à un retour final du peloton". "Dans ce scénario, je pense à Philippe Gilbert et à sa science de la course et à un Remco totalement libéré."

Plus de pression sur les sprinters ?

L'absence de Wout van Aert va peut-être aussi jouer sur le plan mental. A l'image d'un Remco Evenepoel, quand il est au départ WVA attire les regards, magnétise l'attention. Il ne sera pas là à Middelkerke et la pression qu'il aurait assumé sur ses larges épaules va retomber sur celles des autres favoris. Conscients qu'ils se voient offrir une chance quasi unique de briguer le "plus beau maillot du peloton" (dixit van Aert).

La manière dont Arnaud De Lie (20 ans et 1ère participation), Jasper Phlilipsen (24 ans), Gerben Thijssen (24 ans), Quinten Hermans (26 ans) ou encore Sacha Weemaes (24 ans) vont gérer la situation et le stress qui en découle aura forcément une influence sur leur résultat final. Pour un Tim Merlier (29 ans), la donne est un peu différente. Ce maillot, il l'a déjà gagné et il possède un peu plus d'expérience.

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