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Wouter De Geest (VOKA): "Nous souhaitons que toute la Constitution soit ouverte à révision"

08 sept. 2020 à 07:26 - mise à jour 08 sept. 2020 à 11:20Temps de lecture3 min
Par Maxime Paquay

Le VOKA a fait sa rentrée, ce lundi soir. L’organisation patronale flamande reconnaît que les gouvernements, fédéral et régionaux, ont pris "les mesures nécessaires" pour assurer la continuité des entreprises dans l’urgence de la crise sanitaire. Et plaide pour une relance économique, mais pas uniquement. Au menu des patrons flamands : une future réforme de l’État – vers plus de régionalisation, et un plan de transformation de l’économie flamande, sur dix ans. Entretien avec Wouter De Geest, président du VOKA, le "patron des patrons" flamands.

Il faut naturellement un plan de relance. Tant en Flandre qu’en Wallonie, je vois des plans, et c’est important qu’ils commencent à fonctionner. Après les premiers soins, il nous faut maintenant une "recovery". Mais cela ne sera pas suffisant. Il nous faut des transformations profondes. Et ça demande plus qu’un simple redressement, cela demande aussi des transformations dans le domaine de la digitalisation, de la durabilité et du système de soins de santé. La crise du Covid nous a démontré où nous sommes forts, mais aussi où nous sommes faibles. Il faut naturellement capitaliser sur les points forts et il faut vraiment remédier aux points faibles.

Nous avons une ambition, l’ambition d’avoir une position au top dans les régions européennes, une position que nous devons avoir avec notre petite économie ouverte. Qu’en 2030, la Flandre se positionne avec les pays ou avec les régions européennes avec lesquels on veut se comparer. Cela demande du courage et la coopération du niveau fédéral.

Ce sera possible, selon vous, avec un gouvernement fédéral minoritaire en Flandre ?

Au niveau fédéral, notre pays est bloqué. Et le VOKA a toujours plaidé pour un gouvernement très fort, parce que nous sommes dans une crise très grave. S’il n’y a pas de majorité dans les régions, c’est naturellement un handicap. Est-ce que ça peut fonctionner ? Oui, en fonction du contenu, et nous allons juger le fédéral sur le contenu, pas sur les partis qui sont dans la coalition. Nous ne faisons pas de politique. Ce qui nous importe, ce sont les entrepreneurs, et le bien-être de tous les citoyens et travailleurs.

Et pour cela il faut un gouvernement stable, avec une vision de long terme. Et j’espère qu’ils feront les bons choix.

Les mauvais choix, ce serait de ne pas donner les moyens aux entreprises pour les investissements, de revenir sur la fiscalité sur les sociétés. Je parle aussi du débat sur l’âge de départ à la retraite ou la durée des carrières. Il ne faut pas revenir sur ces mesures et j’espère que je ne vais pas lire dans les accords gouvernementaux ces idées, qui ont montré dans le passé qu’elles ne fonctionnaient pas. Elles ne permettraient pas de créer ce dont nous avons besoin : une croissance de la productivité. Les gens dans la rue, dans les entreprises, demandent de la perspective. Et la perspective ne peut être qu’une perspective de croissance. Une croissance saine et partagée.

Votre "plan", Samen Groeien, a été conçu pour la Flandre. Pas pour la Belgique. Vous plaidez pour plus de régionalisation ?

Un blocage tel que nous l’avons vécu. Un blocage de plus d’un an, cela ne peut pas se répéter. Cela va à l’encontre du devoir politique. Raison pour laquelle je défends maintenant l’idée selon laquelle s’il y a une crise gouvernementale sur le plan fédéral, il faut a près un certain temps, un certain temps, avoir un gouvernement qui soit directement le reflet des gouvernements déjà en place au niveau régional. Il faut laisser aux Régions la capacité d’assumer leurs responsabilités. Et donc leur donner tous les outils pour réaliser leurs plans.

Et c’est pour ça que nous souhaitons que toute la Constitution soit ouverte à révision, pour repenser la manière dont la Belgique fonctionne. Pas dans l’idée d’une scission ou d’une indépendance, pas pour stopper la solidarité entre régions, nous restons un pays. Et nous avons aussi besoin d’une Wallonie forte. Mais il faut avoir le courage de dire que cela ne fonctionne plus. Et ne pas rebobiner, retourner trente ans en arrière, parce que ça n’a jamais fonctionné. Il faut aller de l’avant.

Et oui, nous souhaitons que le marché du travail soit régionalisé. Rien à voir avec la scission de la sécurité sociale. C’est juste que le marché du travail en Flandre, n’est pas le même qu’en Wallonie. Pour l’instant, on se bloque.

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