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Monde

Xinjiang : un comité de l'Office International du Travail exprime une "profonde inquiétude" concernant le travail forcé

11 févr. 2022 à 17:54Temps de lecture2 min
Par Belga

Un groupe d'éminents experts du droit du travail a exprimé sa "profonde inquiétude" face au traitement des minorités ethniques et religieuses en Chine, notamment au Xinjiang et exhorté Pékin à changer ses méthodes, dans un rapport de l'Organisation internationale du travail.

Ce comité formé de 20 experts indépendants chargés d'évaluer l'application des conventions de l'OIT exprime "sa profonde inquiétude au regard des orientations des politiques" répertoriées dans de nombreux documents officiels chinois, dans ce rapport annuel destiné à faire le point sur le respect des conventions de l'OIT pays par pays.

La Chine refute les accusations de travail forcé

Dans sa réponse détaillée jointe au rapport, Pékin a une nouvelle fois rejeté en bloc les accusations, tout particulièrement de travail forcé portées par la Confédération syndicale internationale (CSI) dans le document et corroborées par de nombreuses publications d'ONG. Ce sont des accusations "fausses et motivées politiquement", rétorque le gouvernement chinois.

Selon des organisations de défense des droits humains, au moins un million de Ouïghours et membres d'autres minorités turcophones, principalement musulmanes, sont ou ont été incarcérés dans des camps dans cette région du nord-ouest de la Chine. 

Pékin affirme qu'il s'agit de centres de formation professionnelle destinés à les éloigner du terrorisme et du séparatisme.

Le comité d'experts exige de Pékin qu'il "réoriente le mandat des centres de formation professionnelle et d'éducation" qui sont actuellement "des centres de rééducation politique basés sur des détentions administratives".

Il exhorte la Chine à faire en sorte que les activités de formation professionnelle et de placement "aident les minorités ethniques et religieuses (...) dans leur propre intérêt et en accord avec leurs aspirations, en tenant compte des besoins de la société".

Les experts ont aussi demandé à Pékin de cesser de faire porter "le poids de la déradicalisation sur les entreprises et les syndicats en les empêchant par là même de remplir leur rôle respectif (..)".

Le comité demande aussi à ce que les autorités chinoises l'informent de manière détaillée sur les mesures prises pour respecter leurs engagements internationaux en matière d'égalité de traitement "dans les centre de formation professionnelle du Xinjiang et les centres d'éducation" ou encore pour ce qui concerne "les Ouïghours et autres minorités ethniques quand ils cherchent à être employés en-dehors du Xinjiang".

Dans sa réponse, le gouvernement chinois affirme encore que "sous sa houlette, le Xinjiang a fait de grands progrès en termes de sauvegarde des droits humains et de développement". 

Il ajoute: "que tous les groupes ethniques choisissent volontairement l'emploi de leur choix" et accuse le CSI d'avoir "ignoré les progrès en matière de développement économique, de lutte contre la pauvreté, d'amélioration du niveau de vie et les efforts pour avoir un emploi décent au Xinjiang".

 

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