Yuma propose des crackers aux grillons, "beaucoup moins énergivores en termes de ressources naturelles"

24 août 2020 à 08:34 - mise à jour 24 août 2020 à 08:52Temps de lecture2 min
Par RTBF

Convaincre les consommateurs belges de manger des insectes représente toujours un défi. C’est pourtant la mission que se donne la start-up bruxelloise Yuma, lancée en juin 2019 par Gabrielle Wittock et sa cousine.

"J’ai d’abord développé les recettes chez moi, puis je les ai testées sur des bandes privées et sur des marchés il y a plus d’un an dans les périodes des fêtes de fin d’année, et après je me suis entourée de professionnels pour vraiment développer les recettes et les goûts qui me plaisaient le plus", explique Gabrielle Wittock. "Et finalement, on a trouvé un atelier de sous-traitants où ils faisaient les recettes pour nous, parce que je me suis rendu compte en produisant ça chez moi pendant deux ou trois mois que ça n’allait pas pouvoir continuer comme ça."

Le résultat : une gamme de trois crackers d’apéro bio renforcés avec 3% de farine de grillons. Ce n’est pas énorme mais ce n’est qu’un début. Le but est d’habituer le consommateur à l’idée d’ingérer des insectes comestibles.

"On commence avec ce produit récréatif pour vraiment faire une première expérience gourmande avec le grillon. L’objectif est de développer toute une gamme de produits renforcés avec de plus en plus de farine de grillons et de protéines", annonce la fondatrice de Yuma.

Yuma propose une gamme de trois crackers d’apéro bio renforcés avec 3% de farine de grillons
Yuma propose une gamme de trois crackers d’apéro bio renforcés avec 3% de farine de grillons © Yuma

Proposer une alternative à la viande

L’objectif de Yuma sur le long terme est de proposer une alternative à la viande. "Pas en remplacement", dit Gabrielle Wittock, "parce que pour nous il faut vraiment manger de façon variée et exploiter tout ce que la planète nous offre et met à notre disposition."

Elle met en avant que manger des insectes est plus respectueux de la planète puisque le grillon nécessite en effet 2000 fois moins d’eau et émet 60 fois moins de gaz à effet de serre que la production de viande. "Les grillons sont beaucoup moins énergivores en termes de ressources naturelles pour nous apporter des protéines."

Impact du coronavirus sur la start-up

La crise sanitaire a impacté le développement de la start-up.

En effet, pour faire découvrir un nouveau produit alimentaire aux consommateurs, l’idéal est de faire un maximum de dégustations dans les magasins. Pour le moment, c’est interdit. Il faut aussi participer à des événements mais ceux-ci ont été pour l’essentiel annulés.

Côté positif, avec le confinement, les gens étaient hyperconnectés. Les ventes en ligne se sont donc envolées. L’entreprise a également pu terminer sans difficulté une levée de fonds sous la forme d’un crowdfunding.

"On voulait atteindre 10.000 euros", explique Gabrielle Wittock. "On en a demandé 8000 parce que c’est ce qu’on recommande de faire pour arriver à son objectif", poursuit-elle. "On a finalement atteint 13.500 euros. On était donc vraiment très contentes. Avec cet argent, on a lancé notre première production officielle dans notre atelier bruxellois, on a pu acheter les matières premières et les packagings et on a également investi dans la recherche et développement pour nos futurs produits", conclut la fondatrice.

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