Yves Coppieters : "Il faut alléger les mesures tout en faisant la promotion des gestes barrières"

Les chiffres du jour, commentés par Yves Coppieters

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

19 sept. 2020 à 18:03 - mise à jour 19 sept. 2020 à 18:03Temps de lecture2 min
Par Am.C.

Nombre de contaminations détectées en hausse depuis plusieurs jours, taux de positivité des tests qui augmente à Bruxelles et Liège… Les prochaines semaines seront cruciales dans la gestion de l’épidémie de Covid-19 en Belgique. "Les transmissions augmentent fortement, quasi sur l’ensemble de la Belgique", avertit Yves Coppieters, professeur de Santé publique à l’Université Libre de Bruxelles (ULB).

Invité du journal télévisé de 19h30, il explique qu'"on est dans une deuxième vague des transmissions, qui n’a rien à voir avec la première vague de mars-avril dernier. C’est une seconde vague qui concerne les 15-50 ans essentiellement, des gens qui font peu de formes symptomatiques".

Alors que "les médecins généralistes sont débordés, ils constatent que les formes cliniques de la maladie sont peu graves, voire asymptomatiques. Et ils envoient très peu vers l’hôpital", observe encore ce spécialiste.

"Rassurant" mais "vigilant"

Dans ce contexte, selon Yves Coppieters, "on peut être rassurant, mais il faut être vigilant parce que la suite de l’épidémie va dépendre essentiellement de nos comportements". D’où l’importance du respect des gestes barrières.

"Il y a environ 20-25 pays d’Europe qui sont dans la même situation que nous : augmentation des transmissions et très peu de répercussions sur les hospitalisations", poursuit le professeur en santé publique. Il rappelle au passage qu'"on a toujours peur de l’engorgement des services hospitaliers. C’est ça le facteur important. Ce n’est pas le cas actuellement. On a un petit rebond des hospitalisations en Belgique et ça, il faut le craindre dans les jours qui viennent".

Point positif, pour le moment : "Il n’y a pas beaucoup d’effet sur la mortalité. Il n’y a pas de raison que cette mortalité augmente parce que la prise en charge est beaucoup plus précoce et de meilleure qualité."

Attention aux événements "super-contaminants"

Interrogé sur la situation dans les maisons de repos, à l’heure où un foyer a été détecté dans un établissement mouscronnois, Yves Coppieters répond qu'"il faut gérer ça au cas par cas. Les maisons de repos ont les outils pour identifier et isoler les résidents positifs". Il plaide donc pour "des réactions locales et peut-être interdire les visites localement".

Et d’ajouter : "J’espère qu’on ne va pas passer à des mesures généralistes parce que le confinement affectif ou l’isolement des personnes âgées est une catastrophe. Donc il ne faut pas diminuer la fréquence des relations sociales, mais plutôt favoriser le respect des gestes barrières."

La semaine qui arrive sera marquée par un Conseil national de sécurité, prévu pour ce mercredi 23 septembre. Faut-il renforcer ou alléger les mesures prises pour lutter contre l’épidémie ? "Il faut alléger les mesures tout en faisant la promotion des gestes barrières", estime Yves Coppieters.

Le professeur de l'ULB rappelle cependant l’importance de la prudence lors des événements "super-contaminants" qui rassemblent une centaine de personnes, notamment dans les bars et les restaurants. Les personnes qui se rendent dans des espaces densément peuplés, notamment les jeunes, "doivent appliquer les gestes barrières quand ils rentrent chez eux et qu’ils sont en contact avec leurs parents ou leurs grands-parents parce que là le risque est réel".

Isoler les maisons de repos ? Avec Yves Coppieters

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Articles recommandés pour vous