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L'agenda Ciné

Zaï Zaï Zaï Zaï : voyage en absurdie

Zaï Zaï Zaï Zaï : voyage en absurdie
22 févr. 2022 à 04:204 min
Par L'Agenda Ciné

Ce matin-là Fabrice, acteur de comédie, partait de la maison en oubliant sa liste de courses. Heureusement, Fabienne, sa tendre épouse, s’en apercevait juste avant qu’il ne parte au supermarché.

Mais autrement plus grave, au moment de payer ses courses et alors que la caissière lui demande s’il a sa carte de fidélité, Fabrice découvre qu’il ne l’a pas prise avec lui. La sécurité appelée, il doit alors faire face à un vigile inflexible, guère convaincu par ses explications. Acculé, Fabrice se saisit d’un poireau, le braque en direction du vigile et réussit ainsi à s’échapper.

Désormais en cavale, il ne va pas pouvoir compter sur grand monde… même son GPS le dirige inexorablement vers le poste de police ! Alors qu’une commissaire sort de sa retraite pour se charger de l’affaire, les médias ne parlent plus que de lui. Il fait l’objet d’émissions spéciales et un film sur son histoire est en préparation.

Devenu l’homme le plus recherché de France, Fabrice trouve refuge en Lozère chez une connaissance surgie du passé…  

Le monde tel qu’il va… ou presque !

Zaï Zaï Zaï Zaï

Dès le 23 février au cinéma

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François Desagnat à qui l’on doit nombre de comédies comme La Beuze, Les 11 commandements et plus récemment Adopte un veuf, adapte la bande-dessinée à succès de Fabcaro, Zaï Zaï Zaï Zaï, parue en 2015, narrant les mésaventures d’un jeune père de famille, auteur de bande dessinée, poursuivi pour n’avoir pas pu présenter sa carte de fidélité à son passage en caisse. 

Respectant la trame de la BD - partir d’une situation absolument banale, la faire déraper et de là, pousser les choses jusqu’à l’absurde – le réalisateur français a de son côté remplacé l’auteur de BD par un acteur de comédies et renforcé l’histoire du couple que Fabrice forme avec sa femme Fabienne. Rapidement nous sommes plongés dans un grand " n’importe quoi " particulièrement jouissif et décapant. Car au détour de ces situations absurdes, de ces dialogues complètement loufoques et de cette course poursuite qui va dans tous les sens, il s’agit de mettre en évidence les petits et grands travers de notre société, tout autant que les petites et grandes misères du genre humain. Les médias, les intellectuels, la police, l’école, la justice, les artistes, les complotistes… tout le monde en prend pour son grade. Quant à nos mauvais penchants, ils sont à peu près tous répertoriés : la bonne conscience, l’opportunisme, l’individualisme, le racisme et notre goût immodéré pour le sensationnel.

C’est grinçant, c’est très drôle, et c’est remarquablement interprété par Jean-Paul Rouve, Julie Depardieu, Ramzy Bedia et Yolande Moreau… entre autres !

L’Agenda Ciné s’est entretenu avec Julie Depardieu, Fabienne dans le film, et François Desagnat le réalisateur

Fred Ambroisine

L’Agenda Ciné : Connaissiez-vous la bande dessinée de Fabcaro dont est tiré le film ?

Julie Depardieu : Avant de tourner dans le film de François Desagnat, je ne connaissais pas du tout la BD de Fabcaro. Mais je ne suis pas du tout BD. Comme tout le monde, j’ai lu Astérix et Tintin. Peut-être ai-je tort, mais ce n’est pas mon langage. Comme le jazz, c’est une trop grande liberté, ça me fait peur. J’aime bien les cadres !

En lisant le scénario, je l’ai trouvé dingue. Après, j’ai lu la BD et j’ai fait " waouh ", c’est vertigineux. Et en refermant l’album, je me suis dit que je passais à côté de choses énormes, des choses dont je ne soupçonnais pas l’existence.

 

Qu’avez-vous pensé de ce que François Desagnat a fait de cette BD ?

Moi qui n’aime rien, moi qui suis d’un naturel hyper dur, surtout pour ce qui concerne le cinéma, j’ai admiré le travail de François, l’ampleur du truc. Une caméra, c’est une très grande force et on a intérêt à savoir ce que l’on fait… ce qui n’est pas toujours le cas. La BD de Fabcaro, et la BD en général, est quelque chose de vertigineusement libre… pas facile de retranscrire ça au cinéma. Je me suis demandé si François Desagnat allait y arriver. Je ne comprenais pas tout… Quand on vit les choses, on ne comprend pas forcément que l’on est en train de vivre un truc… on s’en aperçoit souvent après...

Et moi j’aime bien aussi ne pas tout comprendre ! Et avec François Desagnat, des fois, je ne comprenais rien, mais je me suis laissée porter. D’ailleurs c’est un peu le cas de mon personnage qui ne comprend pas trop ce qui lui arrive. Et comme moi non plus, je ne comprenais pas trop, c’était très sincère !!

 

Dans Zaï Zaï Zaï Zaï, il est question de l’absurdité de notre monde

D’avoir oublié ta carte de fidélité, c’est comme si tu avais tué quelqu’un !

La consommation est tellement reine que l’on fait tout pour elle… à ce point, c’est horrible ! C’est drôle ET angoissant !

 

D’où vient cette idée d’adapter cette BD de Fabcaro ?

François Desagnat : C’est tout simplement une envie de spectateur. En découvrant la BD, comme beaucoup de monde, je pense, je me suis pris une sorte de grande claque comique. J’avais très envie de voir ça au cinéma, retrouver ce ton si particulier sur grand écran.

 

Transposer tout ce qui a trait, dans la BD, aux médias paraît assez évident… c’est finalement notre quotidien ! Vous avez juste, comme Fabcaro l’a fait dans sa BD, poussé le curseur un peu plus loin…

C’est une des premières fois que l’on me dit ça ! Les gens disaient que Zaï Zaï Zaï Zaï était inadaptable, alors que toutes ces situations, au contraire, sont très simples. Quand on évoque Le Seigneur des Anneaux, par exemple, ça me paraît plus complexe à adapter, que Zaï Zaï Zaï Zaï, où justement ce sont juste des situations du quotidien qu’il convenait de remettre en scène. La difficulté était de trouver le ton juste avec les comédiens pour être au plus proche de l’esprit de Fabcaro. Dans l’absolu, de manière pragmatique, et cinématographiquement parlant, ça n’est pas très compliqué.

 

Pourquoi avoir construit une histoire plus sentimentale autour du couple que forment Fabrice et Fabienne ?

Il y a eu plusieurs axes de travail sur l’adaptation. Construire l’histoire sentimentale a été l’axe principal. Un des grands plaisirs de la BD était d’aller de surprises en surprises à chaque fois que l’on tournait une page. On saute d’un univers à un autre ; ce qui est très plaisant. En retranscrivant exactement ça dans un film, j’avais peur de tomber dans l’écueil de la succession de sketches. Faire de l’histoire sentimentale, la colonne vertébrale du film était une manière d’éviter cet écueil-là.       

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