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Zidane, touché par la grâce, architecte du titre du Real Madrid

Journée classique au boulot pour Zidane.

© GIUSEPPE CACACE - AFP

17 juil. 2020 à 07:14Temps de lecture3 min
Par Lancelot Meulewaeter

Le Real a décroché son 34e titre de champion d'Espagne. Celui-ci porte à nouveau la marque de Zinédine Zidane, venu redresser le navire qu'il avait laissé en difficulté après le départ de Cristiano Ronaldo.

31 mai 2018, cinq jours après le troisième titre consécutif remporté en Ligue des champions, Zidane annonce son départ du Real Madrid. "Il y a un besoin de changement, pour le club et pour les joueurs", explique-t-il. Ce jour-là, il pense avoir mené son équipe à ses limites, après qu'elle est rentrée dans l'histoire en devenant la seule à pouvoir non seulement reconduire son titre européen, mais aussi voir triple.

Zidane laisse à Julen Lopetegui le soin de reconstruire, sans Cristiano Ronaldo, désormais parti à la Juve. Certes, le club recrute un bien jeune Vinicius Junior (18 ans - 45M€), rapatrie Mariano Diaz et s'offre un concurrent à Keylor Navas en la personne de Thibaut Courtois (bonne affaire, 35M€) mais tout de même. Pas un renfort de poids offensivement pour remplacer le meilleur buteur de l'histoire du Real ? La presse s'interroge. Et trouve vite des réponses : Lopetegui est licencié à la suite d'un fiasco au Barça (défaite 5-1), Solari joue les pompiers de service pour éviter une saison blanche. Mais neuf mois après le départ de Zizou, la décision de Florentino Perez est prise. Il décroche son téléphone et...

"Zizou, reviens"

Florentino Perez, acculé, implore Zidane de revenir à la barre.
Florentino Perez, acculé, implore Zidane de revenir à la barre. © GIUSEPPE CACACE - AFP

Zidane n'a pas pu dire non. Il revient au club, expédie les affaires courantes d'une saison à oublier et fixe les bases de la saison à venir. Sur sa liste de courses : Luka Jovic, buteur étincelant, supposé soulager Karim Benzema de la charge du numéro 9; Eder Militao, défenseur central prometteur; Ferland Mendy, coureur infatigable et back gauche moderne; Rodrygo, pari d'avenir; et Eden Hazard, supposé devenir sa nouvelle star. Mis à part pour le Belge qui, entre méforme et problèmes physiques ne laissera pas son empreinte sur la saison, tous les transferts sont gagnants. Ils permettent aux cadres vieillissants de jouer moins, mais jouer mieux. La rotation installée fait d'ailleurs partie des grands principes de Zidane : c'est de cette manière qu'il parvenait à garder son effectif frais jusqu'en finale de Ligue des champions lors de son premier passage à la Maison Blanche. Cette saison encore, il n'aligne jamais le même XI deux fois d'affilée et surprend régulièrement : à Grenade, il aligne une équipe avec 5 milieux de terrains centraux, en laissant sur le banc Bale, Asensio, Hazard, Vinicius, Rodrygo, Brahim Diaz et Mariano Diaz. Nombre d'entraîneurs du Real se seraient fait descendre dans les journaux pour une incongruité pareille. Zidane, lui, gagne.

Le Real joue à passe-passe avec le Barça en tête du classement pendant l'ensemble de la saison. Les Merengues battent finalement le rival honni dans le deuxième Clasico, et Zidane revient du confinement avec les idées claires : gagner, quitte à être moche. Résultat : 9 succès consécutifs, trois buts concédés sur cette période, 6 clean-sheets pour Courtois et une constance impressionnante là où le Barça tâtonne.

Un titre tous les 18 matchs

Zidane, touché par la grâce, architecte du titre du Real Madrid
Zidane, touché par la grâce, architecte du titre du Real Madrid © GABRIEL BOUYS - AFP

C’est le deuxième titre de champion d’Espagne pour Zizou, la deuxième fois en trois saisons complètes qu'il bat le Barça de Messi. Un titre attendu par les supporters madrilènes dans une Liga largement dominée par le Barça ces dernières années (8 titres pour les Catalans, 2 pour le Real, 1 pour l’Atlético sur les 11 dernières saisons). En additionnant le résultat de ses deux règnes dans la capitale, on arrive à ce chiffre vertigineux : Zidane remporte un titre tous les 18 matchs avec le Real.

D’un naturel à défendre ses joueurs coûte que coûte, Zidane a conservé son style sur le bord du terrain et dans l’exercice de l’interview. Son aura naturelle le place automatiquement un cran au-dessus de la mêlée, son palmarès atteste de ses capacités à gérer les moments difficiles (mais au Real, en a-t-il vraiment connu… ?). Tout juste peste-t-il quand des journalistes taquins suggèrent que le Real est avantagé par le VAR.

Personne ne retiendra de Zidane ses schémas tactiques griffonnés ou ses animations révolutionnaires. Son style, hérité de l'histoire de la Juve et du Real, se résume en un mot : gagner. Zidane possède, à 48 ans, l'un des palmarès les plus riches des entraîneurs modernes. Avec toujours ce sentiment : tout ce qu'il caresse se transforme en or.

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