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Zone de police Hesbaye : "on ne s’en sort plus !"

Le conseil de police de la zone Hesbaye réclame de l'argent au pouvoir fédéral

"Au secours" crient les bourgmestres de la zone de police Hesbaye. Il n’y a plus d’argent. Les 400.000 euros du fonds de réserve sont épuisés. La police est financièrement étranglée. Les communes, qui ne vont pas mieux, vont devoir cracher au bassinet.

"Notre zone souffre d’un sous-financement chronique de la part du pouvoir fédéral" déplore Jacques Chabot, bourgmestre de Waremme et président de la zone Hesbaye. Le chef de zone André Jamers explique avoir si peu de moyens que par moments, de nuit, sur les neuf communes, il n’y a que deux policiers disponibles. Or "la population a augmenté de 25% depuis la création de la zone de police".

Les moyens ne suivent pas expliquent les bourgmestres dans leur communiqué : "l’évolution des dotations fédérales ne suit pas l’indexation des salaires, mais l’indice des prix à la consommation. Ainsi, les zones de police ont connu durant plusieurs années des indexations négatives de leur dotation fédérale de base. […] Les dépenses de personnel constituent plus de 85% des charges zonales. Ainsi, pour la seule année 2022, tandis que les charges augmentent de plus de 7%, l’indexation des dotations fédérales se limite à 1,5%, notre pouvoir supérieur se déchargeant sur les communes pour combler le déficit."

Les causes principales des difficultés financières selon les bourgmestres et le chef de zone sont 1. L’indexation des salaires (10% en 2 ans) ; 2. L’augmentation des cotisations pour la pension ; 3. l’octroi de chèques-repas ; 4. la perte des subventions régionales (30.800 euros pour l’assistance aux victimes) ; 5. L’augmentation du coût de l’énergie ; 6. le projet de revalorisation salariale des policiers par le pouvoir fédéral "dont le financement sera probablement assuré par les seules communes".

"Juste avant la réforme des polices" raconte Philippe Goffin, bourgmestre de Crisnée, "ma commune payait 90.000 euros pour un garde champêtre plus un inspecteur. 22 ans plus tard, on est à 300.000 euros, parce que nous sommes dans la zone de police Hesabaye et nous avons, en moyenne, deux policiers deux jours par semaine. Une bonne police, c’est une police qui sait faire de la prévention, qui sait faire de la proximité. Elle ne peut pas y arriver dans ces conditions. Les communes n’en peuvent plus. Il faut augmenter les dotations des zones de police."

Il y a 71 policiers pour la zone Hesbaye pour un budget total de 8 millions et demi. Les bourgmestres demandent à rencontrer la ministre de l’intérieur.

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